Aucun mal ni empire est éternel. En effet, l’espérance de vie des empires à chuté à travers l’histoire. Des empires comme le babylonien, l’égyptien ou le romain qui ont duré des centaines d’années, sont relégués au passé. Le dernier grand empire de coupe traditionnelle était l’anglais, entre le XVIe et XXe siècle, plus précisément jusqu’à 1949. La période des deux guerres mondiales a vu les derniers soubresauts de l’Empire britannique et son remplacement par les États-Unis.

L’image du mode de vie américain: famille de classe moyenne, bien au large, blancs, blonds, souriants; n’a jamais correspondu avec la véritable identité d’un pays qui a commencé son histoire avec l’un des pires génocides jamais connu de l’humanité. La conquête du territoire américain a été réalisée dans un bain de sang, où les principaux peuples autochtones qui vivaient sur leurs terres déjà pendant des siècles, ont été pratiquement exterminés et les survivants réduits à l’alcoolisme, l’ignorance et la misère. L’image idyllique du cow-boy aventurier est en fait l’image d’une nation individualiste, violente et brutale, où la fin justifie les moyens. Un anarchisme réactionnaire qui rejette tout contrôle public et étatique sur la vie des gens ou le pays (1), c’est la nation du «chacun pour soi», sur la base du mythe protestant apporté par les pèlerins du Mayflower (2), la richesse est une marque de Dieu et la pauvreté un châtiment de l’enfer.

Les veines ouvertes…

Le phénomène de la désamericanisation évolue depuis plusieurs décennies. Produit de la réalisation que les États-Unis n’est pas ce pays idyllique vu à travers de la télévision, mais un pays avec une histoire dure et cruelle. Pays qui a vécu, et qui vit, en marginalisant les «autres» pour leurs origines raciales et religieuses. Champion du Monde des tueurs en série, de la violence gratuite, des massacres publics accomplis par des adolescents déséquilibrés qui ont accès à des armes et qui sont protégés par la loi, au point que l’on conseille aux enseignants de venir armés à l’école pour se défendre d’une attaque potentielle d’un étudiant aux instincts meurtriers. Pays ignorant de la réalité du reste de l’humanité. Arrogant et autoritaire, il se décrit comme gardien du monde et de la démocratie, qu’il respecte quand cela s’avère nécessaire, quand ses propres intérêts sont violés, comme dans le cas du Chili: Kissinger a dit à l’époque que les États-Unis «ne pourrait pas laisser un pays devenir communiste à cause de l’irresponsabilité de son peuple ». Un pays immoral et amoral, qui a été autorisé à humilier et insulter de nombreux pays. En Amérique latine, où l’aigle a laissé un triste souvenir, l’anti-américanisme a été construit à travers les années soixante-dix et les dictatures militaires qui au nom de la sécurité nationale, ont impitoyablement massacré leurs peuples pour ainsi satisfaire leur allié du Nord. Les veines ouvertes de l’Amérique latine essai de l’auteur uruguayen Eduardo Galeano, résume ce que le continent a vécu dans ces années de souffrance, comme l’Opération Condor (3): la souffrance, le sang, la violence extrême, les vols de la mort, l’enlèvement d’enfants, les disparitions et la torture, étaient le goût amer du mode de vie américain en Amérique latine.

Dans les hauts plateaux andins et la vallée de l’Amazone, personne ne croit aux bonnes intentions de ceux qui, dans leur arrogance et prépotence ont causé tant de dégâts.

Selon certains, c’est pendant la guerre entre le Mexique et les États-Unis de 1845-1847 qui se pose le terme «Gringo», qui vient de l’uniforme vert de l’armée anglo-américaine et le verbe aller (to go), formant la phrase «green go home» que les soldats mexicain criaient contre les troupes d’invasion . Cette expression est profondément ancrée dans la mémoire latino-américaine, comme un cri de colère et de résistance contre les atrocités commises sur ce continent au nom de la sécurité nationale et la lutte contre le communisme dans les années 60 -80; pour les innombrables abus dans l’exploitation des richesses de l’Amérique centrale par les compagnies bananières, qui ont utilisé l’extorsion, l’assassinat et la terreur pour obtenir le maximum d’avantages. Le soutien militaire aux secteurs plus réactionnaires du continent a causé des milliers de morts, de disparus et de torturés, au nom de, selon le gouvernement des États-Unis, «les intérêts américains.»

Un pays à la dérive.

Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont recueillis des échecs, principalement militaire. Mais le pire n’est pas d’avoir perdu la guerre. Le plus grave est la négligence des jeunes qui se battaient au nom du pays, puis est devenu marginal. Trompé et affolée par une guerre cruelle, accro à toutes les drogues que le gouvernement a lui-même fourni aux soldats afin qu’ils puissent endurer un enfer vivant au Vietnam. De retour à la patrie, ils étaient incapables de s’adapter à la vie civile. Tout comme les soldats qui combattent en Afghanistan, ou qui ont combattu au Moyen-Orient. Détestés par le monde, abandonnés par leur gouvernement, l’image de ces jeunes désemparés et traumatisés, sacrifiés pour des intérêts égoïstes, sont la pire honte de la nation américaine. (4)

Les conséquences de l’infamie.

L’insulte qu’a signifié pour le monde entier la guerre en Irak: le mensonge, le cynisme, l’hypocrisie pour justifier un conflit qui n’a pas de sens, soigneusement mis au point pour enrichir un groupe machiavélique qui a décidé de détruire un pays pour fournir ainsi les prestations pour sa reconstruction. Cela n’a pas été seulement un échec militaire, mais aussi un échec stratégique pour les groupes industriels qui se frottaient déjà les mains en imaginant les bénéfices possibles. La situation actuelle en Irak est peut-être pire qu’avant l’intervention américaine, au point que le président irakien a demandé au président Obama de l’aider militairement pour essayer de reprendre le contrôle d’une situation totalement chaotique, les sunnites et les chiites sont massacrés quotidiennement, et rien ne semble arrêter cette fièvre meurtrière.

Le dernier spectacle que la «grande nation» ait offert au monde est la grave crise gouvernementale qui a conduit à la collision brutale de la chambre des représentants, contrôlée par le parti républicain – à son tour enlevé par le secteur fondamentaliste WASP (blanc, protestant, anglo-saxon) du Tea Party qui a engendré le doute sur les fondements de la «démocratie» made in USA. En plus des dénonces de Snowden qui accusent la NSA d’espionner ses “amis et ennemis” – où il est plus qu’évident que la lutte contre le terrorisme est une excuse pour l’espionnage économique et industriel, sinon quel intérêt d’espionner leurs propres alliés? Une raison de plus pour que le reste de l’humanité réfléchisse sérieusement à une désamericanisation du monde.

 

 

Alfonso Vásquez Unternahrer.

 

(1)http://pt.wikipedia.org/wiki/Movimento_Tea_Party

(2)http://es.wikipedia.org/wiki/Mayflower

(3)http://pt.wikipedia.org/wiki/Opera%C3%A7%C3%A3o_Condor

(4)