La vie en semblant

La vie en semblant

Une start-up espagnole propose de créer des sushis en imitant le thon, avec un mélange d’algues et de tomates. Ceci afin de protéger cette espèce de son extinction. Enfin, ces espèces car le thon est multiple dans sa représentation animale. Donc nous ferons semblant de manger du thon et nous nous exclamerons que ce n’est pas mauvais et puis c’est pour une bonne cause.

La véritable révolution sociétale, ce changement de paradigme se trouve à ce point précis de notre époque. Nous avons tellement usé le vivant, qu’il disparait là, sous nos yeux et pire, nous en voulons encore. Nous avons le matériel mortifère pour racler les océans, réduire la vie sauvage à sa plus simple expression domestique, celle qui se mange.

Parce que nous sommes quasiment 8 milliards sur notre terre à manger au moins une fois par jour avec un espace vital qui se réduit, d’autant plus que pour nous nous nourrir nous avons besoin de grandes étendues agricoles pour le végétal et l’animal. Mais nous faisons semblant de nous indigner sur les déforestations engendrées ou les élevages en batteries et le végétal sous des serres à grands coups de rasades chimiques et des transports qui bouffent aussi notre climat parce qu’il faut des fraises à Noël dans les pays du Nord.

Mais nous voyons fleurir des hamburgers sans viande, des saucisses vegan et tout un assortiment de produit à base de soja, de tofu, de légumineuses qui reproduisent en mode végétarien notre bonne vieille bouffe carnée. Alors comme c’est dans l’air du temps, nous nous extasions de bonheur devant ces nouveaux produits, très à la mode, estampillés bio pour la plupart mais nous ne sommes pas dupes pour autant.

Parce que si nous réduisons l’élevage, les surfaces y afférentes seront cultivés quand même, surtout dans les pays du Sud qui en tirent un revenu conséquent et fournit un revenu à de nombreuses familles. Parce qu’au nord, voyez-vous, l’espace naturel aussi est sacrifié, en douceur, en vision pour le futur, par pour la culture ou l’élevage, non, nous laissons cela au Sud, mais pour y faire passer nos autoroutes, voies ferrées à grande vitesse et autres villes qui grassement s’étalent.

Bien sûr nous sommes sensibles aux océans souillés de plastic pour la bonne et simple raison que nous en fréquentons les sources multiples qui les abreuvent, nos grands magasins ou le plastic s’épanouit sous la lumière des néons, comme dans une serre. Nous sommes les cocus d’un système qui s’enrichit sur notre dos et qui maintenant nous explique que les progrès d’hier sont devenus la pire merde d’aujourd’hui.

Alors nous trions sous peine d’amendes fortes pour ce même système qui, lui, mélange tout à l’arrivée dans ses usines à brûler, ses décharges immenses. Ou nous recyclons gratos, le verre, l’alu, qui nous serons refacturés à chaque nouvel achat. Amendes d’un côté pour le gouvernement, profits de l’autre pour les industriels, oui, nous sommes bien les cocus de cette farce politico-capitaliste.

Mais avec l’écologie, le réchauffement climatique, c’est la cerise aigre sur notre gâteau pourri.

A suivre

A propos de l'auteur

Jean-Yves le Garrec

Journaliste et chroniqueur.

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