Suite aux manifestations qui secouent le Chili, un référendum aura lieu en avril 2020 sur un changement de la Constitution héritée de la dictature Pinochet.

Le président du Chili Sebastian Piñera a promulgué lundi au palais présidentiel de Santiago la loi permettant la tenue d’un référendum sur un changement de Constitution.

 Le président chilien, Sebastian Piñera, a promulgué lundi la loi permettant l’organisation d’un référendum le 26 avril 2020 sur un changement de la Constitution héritée de la période de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).

«Cette réforme ouvre la porte et définit la voie pour trouver un grand accord constitutionnel», a déclaré le chef de l’Etat chilien lors de la signature de la loi, approuvée la semaine dernière par le Parlement.

«Ce référendum, le premier depuis trente ans, doit nous permettre de laisser derrière nous la violence et les divisions que nous avons vu resurgir avec douleur et tristesse» ces derniers mois, ajouté Sebastian Piñera.

Un changement de l’actuelle Constitution, approuvée le 11 septembre 1980 lors d’un référendum controversé pendant la dictature militaire, est une des principales revendications exprimées lors des manifestations sociales qui secouent le pays depuis plus de deux mois.

Promulgation au palais présidentiel

La promulgation a eu lieu au palais présidentiel de La Moneda, devant environ 300 invités, dont l’ex-président socialiste Ricardo Lagos (2000-2006), qui avait fait voter il y a quinze ans les modifications les plus significatives du texte fondamental, en éliminant les principes les plus anti-démocratiques.

Alors que le pays est secoué depuis le 18 octobre par un mouvement social sans précédent, la coalition gouvernementale de droite du président Piñera et les principaux partis d’opposition étaient parvenus à un accord historique le 15 novembre sur l’organisation d’un référendum sur un changement de la Constitution.

Deux questions en consultation

La consultation comportera deux questions: l’une sur le remplacement ou non de la Constitution et l’autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger.

Cette seconde question devra déterminer quel organe rédigera la future Constitution, soit un «Congrès mixte» – idée soutenue par la coalition gouvernementale – composé à parts égales de citoyens élus à cette fin et de parlementaires en exercice, soit une Assemblée constituante intégralement composée de citoyens spécifiquement élus à cette fin — proposition soutenue par l’opposition et réclamée par de nombreux manifestants.

Si le principe d’une nouvelle Constitution est approuvé le 26 avril, l’élection du Congrès mixte ou de l’Assemblée constituante aura lieu en octobre 2020. L’organe chargé de la rédaction aura neuf mois pour élaborer un nouveau texte, une période qui pourra être prolongée de trois mois.

afp/nxp