Le président Daniel Ortega (D) et la vice-présidente Rosario Murillo (G

Afin de relancer le dialogue rompu, le gouvernement Ortega a annoncé la libération prochaine de tous les opposants au Nicaragua.

Le gouvernement nicaraguayen a annoncé mercredi la libération sous 90 jours de tous les opposants incarcérés pour relancer le dialogue avec l’opposition bloqué depuis plusieurs jours. Plus de 700 opposants sont emprisonnés, selon l’opposition.

Il s’agissait d’une condition sine qua non des adversaires du président Daniel Ortega pour s’asseoir de nouveau à la table des négociations.

«Les conditions ne sont pas réunies pour poursuivre la négociation» avec le gouvernement, déclarait encore mardi un membre de la délégation de l’alliance civique pour la justice et la démocratie (ACJD), plate-forme d’opposition qui avait suspendu lundi sa participation aux pourparlers.

L’opposition dénonçait notamment la violente répression, qui s’est abattue samedi à Managua contre des manifestants, qui s’apprêtaient à défiler pour réclamer la libération des «prisonniers politiques», et contre les journalistes venus couvrir l’événement.

Onze mois de crise

Près de 700 opposants sont toujours emprisonnés selon l’ACJD, qui réclame également la liberté complète pour 150 autres, remis en liberté depuis le début des négociations, mais assignés à résidence.

Le Nicaragua connaît une grave crise politique depuis onze mois, lorsque des manifestations ont éclaté contre le gouvernement du président Daniel Ortega, 73 ans, à la tête du pays depuis 2007.

Les opposants accusent l’ex-guérillero sandiniste d’avoir instauré une dictature. Ils réclament son départ et celui de la vice-présidente, son épouse Rosario Murillo. Le chef de l’Etat dénonce de son côté une tentative de putsch de l’opposition avec le soutien de l’Eglise et de Washington. La crise a fait plus de 325 morts et a plongé le pays dans la récession économique.

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