Le potentiel cancérigène des sels d’aluminium se confirme, selon une étude.

Le potentiel cancérigène des sels d’aluminium se confirme, selon une étude.

Les sels d’aluminium utilisés pour bloquer la transpiration dans certains déodorants sont accusés de favoriser l’apparition de cancers du sein par plusieurs études. Pourtant, en Suisse, les mises en garde restent mesurées, mais confirmées aujourd’hui.

“Jusqu’à ce jour, il n’y a eu aucune étude qui a vraiment pu démontrer un lien de cause à effet entre l’apparition de cancers du sein et l’utilisation normale d’un déodorant avec aluminium”, réagit dimanche dans Mise au point Carole Meylan, collaboratrice scientifique de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) qui est aussi responsable de la sécurité des cosmétiques.

Le reproche fait à la dernière étude qui a fait grand bruit fin 2016. Elle été réalisée sur des cellules animales et ses résultats ne peuvent donc pas être transposés sur l’être humain, rappelle cette spécialiste de la Confédération.

Pour aller plus loin en termes d’avertissements, les autorités attendent une étude épidémiologique, soit des tests en conditions réelles qui doivent être menés sur plusieurs années et dont le coût est élevé.

Un seul conseil: éviter d’appliquer sur une peau abîmée

“La seule chose que notre office recommande, comme pour tous les autres produits cosmétiques, c’est de ne pas les appliquer sur une peau abîmée. Parce que les cosmétiques peuvent être uniquement utilisées sur des peaux en bon état parce c’est dans ces conditions qu’ils ont été testés”, explique encore Carole Meylan dans l’émission de la RTS.

Je trouve inacceptable que le principe de précaution ne soit pas appliqué

Lisa Mazzone, conseillère nationales (Verts/GE)

Or cette unique recommandation, peu connue du grand public, ne figure pas sur les produits concernés. De quoi faire réagir la conseillère nationale verte, Lisa Mazzone. Elle demande dans un postulat -qui sera examiné par le Conseil national mardi- l’analyse des études sur les sels d’aluminium et réclame qu’un avertissement clair soit envisagé pour les déodorants contenant des sels d’aluminium.

Pour cette parlementaire, il en va de la santé de la population, et l’industrie devrait être poussée à développer des substituts.

Davantage de jeunes femmes touchées

“Depuis plus d’une dizaine d’années, on voit une augmentation très significative du nombre de cancers du sein survenant chez des femmes plus jeunes, notamment entre 30 et 40 ans. Ce qui était exceptionnel il y a vingt ans est devenu courant”, déplore le professeur André-Pascal Sappino, oncologue à la clinique des Grangettes, à Genève.

Pour lui, c’est certain, l’introduction des sels d’aluminium dans les déodorants, qui s’est généralisée dans les années 1970, époque à laquelle l’épilation et le rasage des aisselles s’est popularisé explique au moins une partie de ces cancers du sein.

Et si les sels d’aluminium n’est pour l’heure interdit dans aucun pays, les marques, confrontées à un climat de défiance, ont commencé à proposer au moins une alternative de déodorant sans aluminium.

Mais …en an 2021… le potentiel cancérigène des sels d’aluminium se confirme !

Deux nouvelles études in vitro de chercheurs genevois et britanniques confirment le potentiel cancérigène des sels d’aluminium pour la glande mammaire humaine. Présents notamment dans les déodorants et certaines crèmes solaires, ces produits sont soupçonnés de favoriser le cancer du sein.

Depuis la fin des années soixante, on assiste dans les sociétés industrialisées à une augmentation importante de l’incidence du cancer du sein. Des analyses épidémiologiques montrent que les facteurs de risque identifiés jusqu’à présent – obésité, alcool, tabac, exposition aux hormones estrogène et progestérone – n’expliquent qu’une petite partie de cette hausse.

Le cancer du sein se développe de préférence dans les parties externes de la glande mammaire, à proximité de l’aisselle, où la peau est très fine et perméable. Depuis plusieurs années, des chercheurs travaillent sur l’hypothèse que les sels d’aluminium, présents dans les déodorants et dans certaines crèmes solaires à des concentrations élevées, puissent être parmi les causes recherchées.

Une équipe du Centre d’onco-hématologie d’Hirslanden Clinique des Grangettes à Genève, avec des confrères de l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni, auteur d’une première étude sur le sujet en 2016, a maintenant analysé in vitro plusieurs aspects du mécanisme d’action de l’aluminium dans la transformation cellulaire.

Déstabilisation du génome

Ces nouvelles expériences permettent de confirmer que les sels d’aluminium sont très rapidement incorporés par les cellules, a indiqué jeudi la clinique genevoise dans un communiqué. Ils causent par ailleurs, dans les 24 heures qui suivent, des altérations importantes dans la structure physique et dans le nombre des chromosomes.

Selon les auteurs, qui évoquent des similitudes avec l’amiante et le tabac, ces résultats indiquent que l’aluminium dirige les cellules mammaires sur la voie de la transformation maligne par un effet rapide de déstabilisation du génome.

Ces observations ont été faites sur des échantillons larges (environ 300 cellules par condition expérimentale) et en incluant dans ces expériences des modèles expérimentaux reconnus en toxicologie réglementaire humaine, précise la clinique. Ces travaux sont publiés dans la revue spécialisée International Journal of Molecular Sciences.

RTS Info

https://www.rts.ch/info/sciences-tech/medecine/12532532-le-potentiel-cancerigene-des-sels-daluminium-se-confirme-selon-une-etude.html

https://www.bluewin.ch/fr/infos/sciences-technique/le-potentiel-canc-rig-ne-des-sels-d-aluminium-se-confirme-905357.htm

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