Le théâtre d’ombre.

Le théâtre d’ombre.

Les Américains s’inquiètent et je pense avec raison d’un renforcement non négligeable des capacités nucléaires de la Chine avec la construction de 109 silos pour missiles intercontinentaux à têtes atomiques. C’est cela, le théâtre d’ombre. 

Nous y vivons sans nous en rendre compte parce que la scène du monde est éclairée violemment et nous attire comme des papillons inconscients. Non que nous soyons stupides mais parce que cette lumière est si puissante et justement faite pour nous aveugler et ne pas voir ainsi les coulisses où se joue le théâtre d’ombre.

Sur cette scène de lumière nous assistons à de grands rassemblements, G7, G20, OCDE, COP, quel numéro déjà, Conférence sur la paix, OMS, Davos, où les grands de ce monde se congratulent, s’applaudissent même, d’avancées incroyables pour le bien de l’humanité.

Alors que dans ce théâtre d’ombre, se construit des arsenaux capables de détruire plusieurs fois la terre. De budgets colossaux pour des armées qui ne correspondent plus à des armées de défense mais bien à des armées de conquête.

Que des militaires prennent le pouvoir par la force, que des gouvernements tirent sur des manifestants pacifiques ou les brutalisent, emprisonnent toutes opinions contraires, répriment sans scrupule toute déviance de genre, défient leurs voisins proches, professent des paroles martiales et souvent dans ce silence assourdissant de ce théâtre d’ombre.

Et nous, peuples du monde, nous croyons aux changements proposés pour notre qualité de vie et cette mondialisation heureuse qui irait avec. Nous serions tous frères et sœurs dans une seule humanité. Or si je suis pour une seule race, la race humaine comme un soleil éclairant le monde, dans le théâtre d’ombre, nous ne constatons que combats fratricides, de vengeances séculaires qui ne veulent s’arrêter en un ballet savamment orchestré.

Ne serait-ce que le temps de s’assoir autour de notre terre ronde comme une table apaisée.

Et s’envoyer à la gueule toutes les rancœurs ancestrales accumulées entre nous, qui n’en sommes pas responsables mais dont nous endosserions cette responsabilité pour expurger ce qui nous diviserait et nous rassembler enfin. Virer cette clique qui prolifère dans ce théâtre d’ombre, prendre notre destin en main en nous tenant par la main, peuples du monde, devenu peuple de notre monde.

Et brûler ce théâtre d’ombre qui nous asservit, nous assassine, nous divise pour mieux régner.

La route sera longue mais j’y crois car c’est la seule route pour nous, peuple uni de la terre.

A propos de l'auteur

Jean-Yves le Garrec

Journaliste et chroniqueur.

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