manifestations violentes contre les migrants au Chili

manifestations violentes contre les migrants au Chili

Des manifestants brûlent les biens de migrants vénézuéliens dans un camp de fortune sur une place publique lors d’un rassemblement contre la migration à Iquique, au Chili, le 25 septembre 2021. REUTERS – STRINGER

« Des manifestations de xénophobie dans le nord du Chili » qui « choquent le monde entier », titre Últimas Noticias. Le journal vénézuélien proche du pouvoir reprend les propos de la vice-présidente Delcy Rodríguez exigeant du Chili qu’il « respecte l’intégrité physique des migrants ». Últimas Noticias rappelle ce qui avait été écrit ce samedi sur les pancartes, dans la foule – plusieurs milliers de personnes – qui manifestait contre les migrants dans la ville d’Iquique : « Fermez tout de suite les frontières”, “Plus de migrants indésirables”. Les manifestants chantaient “les Chiliens en premier” et criaient “allons récupérer la ville ».

Les manifestants ne s’en sont pas tenus aux mots : ils ont aussi, détaille le journal vénézuélien El Universal,« brûlé des tentes, des matelas et autres possessions des Vénézuéliens ». On peut voir aujourd’hui les photos de ces feux aussi bien dans la presse vénézuélienne que dans la presse chilienne. Elles « ont provoqué un rejet dans tout le pays », souligne Emol.

Le journal chilienprécise également qu’une enquête a été ouverte : 16 personnes ont souffert de ces feux. Le ministère public les a « contactées pour leur offrir une aide économique ». D’autant que, a expliqué la procureure en charge de l’affaire, lorsque leurs affaires ont été brûlées, elles ont « perdu des papiers importants pour régulariser leur situation dans le pays ».

À qui la faute ?

Dans Emol, le vice-ministre de l’Intérieur Juan Francisco Galli renvoie la balle au gouverneur de Tarapacá qu’il accuse de n’avoir rien fait et qui lui aurait affirmé, le 15 juin dernier : « Nous allons nous charger des enfants et des femmes qui sont là ». Toujours dans Emol, le gouverneur de Tarapacá est, de son côté, soutenu par l’association des gouvernements régionaux qui rappelle que « la responsabilité de maintenir la sécurité et l’ordre appartient au ministère de l’Intérieur et à ses délégués dans les régions ». Plus largement, le journal vénézuélien El Nacional se fait l’écho de la demande d’organisations sociales chiliennes de changer la politique migratoire du pays : « Nous réitérons notre opposition aux expulsions des migrants qui ont contribué à générer un climat de haine, de criminalisation et de stigmatisation exacerbé par la crise migratoire ».

Le Premier ministre péruvien menace de nationaliser le champ de gaz naturel de Camisea

Guido Bellido menace de nationaliser Camisea si l’entreprise « n’accepte pas de renégocier les contrats pour que l’État péruvien perçoive un pourcentage plus important des bénéfices », explique El Comercio. Camisea appartient à un consortium composé de capitaux américains, sud-coréens, algériens, argentins et espagnols, La déclaration a été « plutôt mal accueillie par le secteur entrepreneurial », rapporte le journal péruvien. « Le président de la Société nationale des mines, du pétrole et de l’énergie, Raúl Jacob, considère ainsi que ces propos font obstacle aux efforts du président Pedro Castillo ».

Selon Peru21, le chef de l’État avait souligné, la semaine dernière, devant l’Organisation des États américains : « nous ne sommes pas communistes, nous ne sommes pas venus pour exproprier qui que ce soit ». En plus, rappelle La República, ce dimanche, avant la déclaration du Premier ministre, Pedro Castillo avait affirmé sur Twitter que « toute renégociation se ferait dans le respect de l’État de droit ». Toujours dans La República, María Del Carmen Alva, la présidente du Congrès, s’étonne que les deux hommes envoient des « messages contradictoires » qui « ne font que générer de la confusion ».

Aux États-Unis, la loi sur les infrastructures menacée… par les démocrates

La gigantesque loi sur les infrastructures de Joe Biden, pour une valeur de 1 000 milliards de dollars, ne sera pas votée ce lundi comme prévu. Ce sera ce jeudi, annonce le New York Times. La cheffe démocrate du Congrès Nancy Pelosi veut « donner plus de temps aux démocrates pour atteindre un consensus ». Le journal note que la loi serait alors votée quelques heures avant la limite pour que le nouveau budget soit lui-même voté, le 1er octobre, « ce qui laisse aux députés une marge étroite ». En fait, explique le New York Times, « les députés progressistes ont juré de ne soutenir la loi sur les infrastructures que si le Congrès s’occupe du plan, lui aussi gigantesque, d’investissements dans l’éducation, la santé, le climat ».

« Joe Biden, bienvenue sous le dôme du Tonnerre », titre ironiquement Politico, en référence à cette arène dans le troisième film de la série Mad Max où les combattants s’affrontent à mort. Le président, rapporte le journal, a passé le week-end au téléphone pour rallier les députés. L’impact d’un échec serait désastreux pour les démocrates, selon John Podesta, l’ancien conseiller de Barack Obama cité par Politico.

Déjà le Washington Post se fait l’écho de l’inquiétude des démocrates basés en-dehors de Washington, qui voient « Joe Biden comme un candidat qui a fait campagne sur l’unité, mais qui est maintenant confronté à des divisions à l’intérieur de son parti ». Dans un éditorial, le journal espère que « les démocrates ne vont pas abandonner la plus grande opportunité qu’ils ont eu depuis au moins deux générations de réparer et reconstruire le contrat social de notre Nation. » « Même s’ils rouspètent, je pense qu’ils le savent », conclut l’éditorialiste.

Christophe Paget

Chili: manifestation contre les migrants vénézuéliens clandestins

Au Chili, environ 5 000 personnes ont manifesté, hier, samedi 25 septembre, à Iquique, dans le nord du pays, contre la présence de migrants clandestins vénézuéliens dans leur ville. Les Vénézuéliens, qui, pour beaucoup ont fui la crise politique et économique qui frappe leur pays, représentent la plus importante communauté étrangère au Chili : près de 400 000 ressortissants vénézuéliens sont enregistrés. Ces derniers mois, de nombreuses entrées clandestines dans le nord du pays ont attisé les tensions.

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Des drapeaux chiliens et des pancartes « Non à l’immigration illégale ». Plusieurs milliers de personnes sont sorties dans les rues d’Iquique, rejoints par des groupes venus d’autres villes du nord du Chili pour réclamer des mesures contre l’immigration irrégulière.

« Humiliation inadmissible »

Ils s’en sont pris à des Vénézuéliens vivant dans la rue. Des tentes, des matelas et des poussettes ont été brûlés. Une « humiliation inadmissible », juge le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits des migrants. Depuis plusieurs mois déjà, les tensions sont vives au Chili, notamment dans le nord, point d’entrée de l’immigration irrégulière.  Selon les autorités migratoires, plus de 23 000 personnes sont entrées illégalement dans le pays les six premiers mois de l’année. Soit 40% de plus que sur l’ensemble de l’année 2020.

5,6 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays 

La ville côtière d’Iquique n’est normalement qu’un point de transit vers la capitale. Mais plusieurs centaines de familles vénézuéliennes s’y sont installées dans des espaces publics depuis près d’un an. Vendredi, leur principal campement a été évacué. Le Venezuela est, après la Syrie, le pays qui compte le plus grand nombre de personnes déplacées dans le monde. Selon les estimations de l’ONU, quelque 5,6 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015.

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