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Mexique: Législatives test pour le président AMLO

Mexique: Législatives test pour le président AMLO

À mi-mandat, Andres Manuel Lopez Obrador espère pouvoir conserver le contrôle de la Chambre lors des législatives de dimanche qui s’annoncent comme un référendum pour lui.

AMLO maintient une cote de popularité de plus de 60% et devrait conserver une majorité confortable pour faire passer ses réformes anti-néolibérales.

Les Mexicains ont commencé dimanche à se rendre dans les bureaux de vote pour élire leurs députés et leurs responsables locaux lors d’élections législatives et locales en forme de test à mi-mandat pour le président Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO).

Les bureaux de vote ont ouvert à 8 heures (15h heure suisse). Ils fermeront à 18h (1h heure suisse) pour un scrutin auquel sont conviés 95 millions de Mexicains, qui votent pour une nouvelle Chambre des députés, quelque 20’000 postes régionaux et 15 des 32 postes de gouverneur.

Test crucial

De premières estimations «sorties des urnes» devraient être annoncées dans la foulée de la fermeture des bureaux de vote. Il s’agit d’un test crucial pour AMLO, président de gauche âgé de 67 ans qui tente de conserver le contrôle de la Chambre.

«L’enjeu n’est ni plus ni moins que l’avenir du Mexique», estime Pamela Star, professeur à l’Université Southern California en soulignant que «les électeurs vont devoir choisir entre deux visions d’avenir pour le Mexique : celle des réformes d’AMLO ou un retour à une politique plus ancienne».

Le cabinet-conseil britannique Capital Economics dans un rapport à ses clients considère que «cette élection est un référendum pour Lopez Obrador».

Cote de popularité

Bien que le Mexique soit l’un des pays les plus durement touchés par le coronavirus, la perspective d’un vote sanction, réaliste il y a encore quelques mois, semble désormais s’éloigner du fait du recul des indicateurs de la crise sanitaire, à en croire plusieurs sondages.

AMLO maintient une cote de popularité de plus de 60 pc, et bien qu’il risque de perdre quelques sièges, il devrait conserver une majorité confortable pour faire passer ses réformes. Ce pays de 126 millions d’habitants comptabilise près de 229’000 décès consécutifs au Covid-19. Le taux de mortalité est le quatrième au monde en chiffres absolus et le 19e pour 100’000 habitants.

Se présentant comme le fer de lance contre la corruption chronique au Mexique, M. Lopez Obrador a été élu en 2018 pour un mandat de six ans avec un programme de réformes sociales.

Violences ininterrompues

Les élections se déroulent dans un climat de violences ininterrompues. Quelque 91 hommes politiques ont été assassinés depuis septembre, date du début de la campagne. Parmi eux, 36 étaient des candidats ou en passe d’être nommés, la plupart aspirant à des fonctions municipales. Depuis 2006, date à laquelle le gouvernement a lancé une vaste opération militaire contre les cartels de la drogue, le sang ne cesse de couler au Mexique.

Vendredi soir, René Tovar, candidat à la mairie de Cazones de Herrera, dans l’État oriental de Veracruz, a été abattu. Ce crime s’ajoute à l’enlèvement de Marilu Martinez, candidate à la mairie de Cutzamala de Pinzon (Guerrero, sud), et à la disparition de Leonardo Torres, candidat à la mairie de San Francisco de Borja (Chihuahua, nord).

AMLO soutient cependant que le scrutin se déroulera en toute sécurité en dépit des tentatives des cartels de peser sur le résultat du scrutin.

Domination de justesse

L’alliance au pouvoir, dirigée par le parti Morena d’AMLO, dispose d’une majorité qualifiée à la Chambre des députés (deux tiers des 500 députés), qui est élue tous les trois ans. Selon des sondages menés par l’institut mexicain Oraculus, le parti au pouvoir pourrait perdre cette domination de justesse, en passant de 333 à 322 sièges.

Morena contrôle également le Sénat – qui est renouvelé tous les six ans et n’est pas l’enjeu de cette élection – et doit donc négocier avec les autres blocs pour obtenir une majorité qualifiée. Fortement affaiblie sous la domination de l’administration AMLO, l’opposition est en concurrence avec une alliance de partis traditionnels: l’historique PRI (centre), le PAN (conservateur) et le PRD (gauche).

Ces formations accusent le président de mal gérer l’épidémie et de porter atteinte à l’équilibre des pouvoirs en s’attaquant au pouvoir judiciaire et à l’autorité électorale. L’économie mexicaine, la deuxième d’Amérique latine, s’est contractée de 8,5 pc en 2020 dans un contexte de contrôle strict des dépenses par le gouvernement, qui, avec la banque centrale autonome, prévoit un rebond de 6 à 7pc cette année.

Alors qu’il était chez lui, René Tovar a été abattu. Son parti demande la protection des candidats alors que la violence augmente à l’approche du scrutin.

Partout, les affiches et inscriptions publicitaires en vue des élections. Dimanche, plus de 20’000 responsables locaux seront élus.

Un candidat aux élections municipales dans l’Etat de Veracruz (Est du Mexique) a été assassiné par balle durant la nuit de vendredi à samedi, à deux jours du scrutin, a annoncé sa formation politique. «Nous condamnons énergiquement le lâche assassinat de René Tovar, candidat à la mairie de Cazones de Herrera», a tweeté Clemente Castañeda, coordinateur national du Mouvement citoyen (gauche), demandant au gouvernement de «garantir la vie et la sécurité des Mexicains pour les élections».

Une source au gouvernement local a indiqué à l’AFP que René Tovar se trouvait chez lui lorsque «il a été attaqué par des inconnus qui lui ont tiré dessus à plusieurs reprises». Il est mort durant son transfert à l’hôpital, a précisé la source. Le gouvernement de l’Etat de Veracruz avait auparavant annoncé dans la journée de vendredi le déploiement de quelque 5’200 membres des forces de sécurité en prévision des élections de dimanche.

Élections massives

Les quelque 95 millions d’électeurs mexicains sont appelés à élire à la fois 20’000 responsables locaux, dont 15 des 32 gouverneurs du pays, et 500 députés pour renouveler la Chambre. À l’approche du scrutin, les attaques se sont multipliées contre les candidats. Selon le cabinet de conseil Etellekt, 35 des 89 hommes politiques assassinés depuis septembre dernier étaient candidats.

Ces élections ont valeur de test pour le président Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO), à mi-mandat. Élu en 2018 pour un mandat de six ans, il avait alors remporté deux tiers des 500 sièges de la Chambre des députés et espère parvenir à maintenir sa majorité. Depuis le lancement fin 2006 par le gouvernement d’une offensive militaire anti-drogue controversée, le Mexique dénombre plus de 300’000 assassinats, selon des chiffres officiels, attribués pour la plupart au crime organisé.

Mexique: Sept travailleurs coincés dans une mine à la suite d’un accident

L’accident intervenu dans une mine de l’État de Coahuila, dans le nord du pays, aurait été provoqué par une inondation.

Ce type d’accident n’est pas rare dans la région: le plus grave a eu lieu le 19 février 2006, quand une explosion de gaz dans la mine de Pasta de Conchos a provoqué la mort de 65 mineurs. (photo d’illustration) (Photo Pedro PARDO / AFP)

Au moins sept personnes se sont retrouvées bloquées dans une mine de l’État de Coahuila, dans le nord du Mexique, à la suite d’un accident, ont informé vendredi les autorités locales.

«Quelques personnes qui étaient en train de travailler dans la mine se sont retrouvées emprisonnées dedans», a abondé dans un communiqué le secrétariat au Travail local, ajoutant que l’accident avait eu lieu dans la municipalité de Muzquiz, dans la région carbonifère de l’État.

Selon une enquête préliminaire, l’accident aurait été provoqué par une inondation au sein de la mine. Protection civile, police et inspecteurs du travail ont été dépêchés sur place afin d’entamer les travaux de secours et d’investigation sur l’origine de l’incident.

Le président Andrés Manuel López Obrador a dit avoir envoyé sur la zone du personnel des secrétariats de la Sécurité, du Travail et de la Protection civile. «Nous sommes attentifs et en coordination avec les autorités municipales ainsi que de l’État. Nous souhaitons que les opérations de sauvetage aboutissent, pour les familles et pour tous», a-t-il tweeté.

Ce type d’accident n’est pas rare dans la région: le plus grave a eu lieu le 19 février 2006, quand une explosion de gaz dans la mine de Pasta de Conchos — contrôlée par le conglomérat Grupo Mexico – a provoqué la mort de 65 mineurs.

AFP

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