Mexique: Les législatives, un test entre le coronavirus et les violences

Mexique: Les législatives, un test entre le coronavirus et les violences

Ce dimanche, le Mexique élira ses députés. Un scrutin important pour le président Lopez Obrador, alors que le pays se remet peu à peu de la pandémie et que 35 candidats ont été assassinés.

Morena, le parti du président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, sera proche de maintenir sa majorité «qualifiée» à la Chambre des députés.

Marqué par la pandémie et la violence, le Mexique renouvelle, dimanche 6 juin, sa Chambre des députés et 20’000 responsables locaux lors d’élections législatives, à valeur de test, pour le président Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO), à mi-mandat.

Les 95 millions d’électeurs mexicains seront également appelés à élire 15 des 32 gouverneurs du pays, qui enregistre une vingtième semaine de baisse des indicateurs de l’épidémie de Covid-19. Avec près de 224’000 décès, le Mexique reste le quatrième pays le plus touché par l’épidémie en chiffres absolus, et le 19e pour 100’000 habitants, selon un classement établi par l’AFP, sur la base de données officielles.

Sanglante campagne

Depuis septembre dernier, après une campagne sanglante, 89 hommes politiques ont été assassinés avant les élections. Parmi eux, 35 étaient candidats, selon le cabinet de conseil Etellekt. Lors de la campagne présidentielle de 2018, 48 responsables politiques avaient été assassinés.

Ces législatives se présentent comme un plébiscite pour le leader de gauche, élu en 2018 pour un mandat de six ans et dont l’indice de satisfaction dépasse les 60%, selon les sondages. «Le président reste l’acteur principal de tout l’écosystème politique», explique l’analyste Paula Vazquez.

Majorité chancelante

Ces élections de mi-mandat peuvent donc réaffirmer celles où AMLO est apparu comme le candidat «antisystème» contre la corruption des partis traditionnels PRI (centre), PAN (conservateur) et PRD (gauche), désormais unis contre Morena, le parti au pouvoir. Cette coalition «confirme le narratif présidentiel selon lequel tous sont contre lui», ajoute Paula Vázquez.

En 2018, Andres Manuel Lopez Obrador a remporté deux tiers des 500 sièges de la Chambre des députés, une «majorité qualifiée» qui lui permet de réformer la Constitution. Il espère parvenir à maintenir cette majorité, afin de faire passer des réformes dans le domaine de l’énergie. Mais en raison des défaillances de son gouvernement dans les secteurs de l’économie, de la sécurité et de la santé, il n’est pas certain qu’il y parvienne.

Plus de 83’000 meurtres

La deuxième économie d’Amérique latine a vu son PIB chuter de 8,5% en 2020, année qui a vu l’épidémie de Covid-19 se répandre à travers le monde, et une pauvreté grandissante frappe la moitié des 126 millions de Mexicains. Le gouvernement prévoit toutefois un rebond économique de 6,5% en 2021, alors que 22 millions de Mexicains sont vaccinés.

Mais la violence des cartels de la drogue persiste: plus de 83’000 meurtres ont été commis depuis le début du mandat d’AMLO.

L’importance des prêts

L’alliance au pouvoir – formée par Morena et trois autres formations – pourrait passer de 333 à 322 sièges, selon une prévision du cabinet-conseil Oraculus. Le programme de Morena prévoit des réformes énergétiques, politico-électorales et fiscales. Depuis 1997, les élections de mi-mandat ont réduit ou fait tomber des majorités parlementaires au pouvoir.

«Nous n’avons jamais manqué de nourriture pendant cette pandémie», déclare Edgar Alonso, propriétaire d’une petite entreprise à Mexico, qui a bénéficié d’un prêt du gouvernement pendant la crise sanitaire. Sept ménages sur dix sont bénéficiaires de cette aide, selon le gouvernement.

L’étendard anticorruption

Plus que l’opposition, ce sont les propres démons d’AMLO qui pourraient faire vaciller son pouvoir, autrement dit les conflits internes qui déchirent son parti. Conscient du risque de perdre des points, le président s’est livré à une série d’attaques contre l’INE, l’autorité et l’organisateur des élections, l’accusant de favoriser ses rivaux. Ses interventions dans la campagne ont même frisé l’illégalité, notamment lorsqu’il a soutenu contre vents et marées un candidat de son parti accusé d’abus sexuels.

«Un sportif qui sait qu’il a un avantage et qu’il va gagner ne se bat pas avec l’arbitre», prévient Bravo Regidor, un politologue. Dans l’ensemble, cependant, le mouvement ne semble pas éclaboussé par un quelconque scandale financier, ce qui permet à Andres Manuel Lopez Obrador de continuer à brandir son étendard anticorruption, qui lui avait permis de remporter la présidentielle en 2018.

AFP

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