Nicaragua: le tribunal électoral met hors jeu le principal parti d’opposition pour les élections du 7 novembre

Nicaragua: le tribunal électoral met hors jeu le principal parti d’opposition pour les élections du 7 novembre

Avec l’élimination du parti Alliance citoyens pour la liberté, le président sortant Daniel Ortega n’a désormais plus aucun adversaire sérieux pour le scrutin du 7 novembre.

Le Conseil suprême électoral (CSE) du Nicaragua a mis hors jeu, vendredi 6 août, pour les élections du 7 novembre le parti Citoyens pour la liberté (CxL, droite), la principale formation d’opposition face au président, Daniel Ortega.

« La personnalité juridique du parti politique Alliance citoyens pour la liberté [a été] annulée », selon une résolution du CSE lue par le secrétaire du tribunal électoral Luis Luna devant la presse liée au gouvernement.

« La démocratie ne peut pas être effacée », a tweeté Oscar Sobalvarro, candidat du CxL à la présidence.

Le président Ortega, qui brigue un quatrième mandat d’affilée, ainsi que son épouse et vice-présidente Rosario Murillo n’ont désormais face à eux aucun candidat sérieux pour le scrutin du 7 novembre.

Une dénonciation du PLC

L’élimination du CxL de la course électorale a été demandée quelques heures auparavant pr le Parti libéral constitutionnaliste (PLC, droite), accusé de complaisance envers le gouvernement.

Le PLC a argué du fait que le parti CxL a « comme présidente la citoyenne Carmella Rogers Amburn, qui a la double nationalité [américaine et nicaraguayenne], en violation notoire de la loi ». En conséquence, selon le PLC, le CSE devait « déclarer la nullité de tous les actes du parti CxL ».

Le parti d’opposition a confirmé le retrait à sa présidente de sa citoyenneté nicaraguayenne, ce qui lui fait courir le risque d’être expulsée.

Le CxL avait désigné, à la fin de juillet, Oscar Sobalvarro, un ancien contre-révolutionnaire de 68 ans, et Berenice Quezada, une ex-reine de beauté sans expérience politique, comme candidats respectivement à la présidence et à la vice-présidence. Mais il avait été privé, cette semaine, de sa candidate à la vice-présidente. La maison de celle-ci avait été cernée, mardi, par la police après qu’un groupe de partisans du gouvernement du président Ortega l’a accusée d’avoir lancé un « appel implicite à la violence, à la haine ».

D’autres partis politiques disqualifiés

Selon le calendrier électoral, le Conseil suprême électoral a jusqu’au 9 août pour valider les candidatures pour le scrutin présidentiel. Mais, avant même son élimination, le CxL avait toutes les peines du monde à convaincre une autre candidate de postuler à la vice-présidente.

Deux autres partis politiques d’opposition ont été disqualifiés au cours des derniers mois par le CSE : le Parti conservateur et le Parti pour la restauration démocratique.

Trente et un opposants, dont sept précandidats à la présidentielle, ont été arrêtés depuis le début de juin sous l’accusation de blanchiment d’argent ou de trahison, en vertu de législations adoptées à la fin de 2020 dont les implications politiques permettant de réduire l’opposition au silence ont suscité l’indignation à l’international.

Le président Ortega, qui brigue un quatrième mandat consécutif en novembre, est accusé de faire table rase de ses concurrents à l’approche de l’élection.

L’élection présidentielle prévue le 7 novembre au Nicaragua a «perdu toute crédibilité», a estimé samedi le secrétaire d’État américain Antony Blinken, dénonçant les manœuvres «autocratiques» du président Daniel Ortega pour évincer ses opposants politiques.

«Les États-Unis considèrent les dernières actions non démocratiques, autoritaires – inspirées par la peur d’Ortega d’une défaite électorale – comme le coup final porté aux perspectives d’une élection libre et juste au Nicaragua», a-t-il dit dans un communiqué, ajoutant: «Ce processus électoral, et son résultat final, ont perdu toute crédibilité».

La principale formation d’opposition a été mise hors jeu vendredi au Nicaragua, où le président Daniel Ortega, qui brigue un quatrième mandat consécutif, est accusé de faire table rase de ses concurrents à l’approche de l’élection présidentielle.

Aucun adversaire sérieux

Le président Ortega, un ancien guérillero sandiniste de 75 ans, et son épouse et vice-présidente Rosario Murillo, 70 ans, n’ont désormais face à eux aucun candidat sérieux pour le scrutin du 7 novembre, cette annonce s’ajoutant à l’arrestation des sept candidats potentiels les plus sérieux.

«La décision du président Daniel Ortega et de la vice-présidente Rosario Murillo d’interdire le dernier véritable parti d’opposition de participation aux élections de novembre souligne leur désir de rester au pouvoir coûte que coûte», a souligné Antony Blinken.

Le parti d’opposition CxL s’est vu reprocher le fait que sa présidente, Carmella Rogers Amburn, plus connue en politique sous le nom de Kitty Monterrey, a la double nationalité américaine et nicaraguayenne. Elle s’est vu retirer sa citoyenneté nicaraguayenne, ce qui lui fait courir le risque d’être expulsée.

Sans surprise, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN, parti au pouvoir) a approuvé lundi à l’unanimité la candidature de Daniel Ortega. Son épouse a également été désignée comme candidate à un second mandat à la vice-présidence de ce pays de 6,5 millions d’habitants. Vendredi, les États-Unis ont gelé les visas de 50 proches de responsables nicaraguayens liés au gouvernement Ortega.

AFP

A propos de l'auteur

Facebook