Il n’y a que les faibles qui nous parlent d’un monde multipolaire parce que cela les rassure et masque leur faiblesse. Comme ils ne sont que des losers économiques, ils ne parlent que d’échanges équilibrés et multiples. Il y a dans ce monde qui se tend, un maillon faible, l’Europe.

 Le monde n’est pas devenu multipolaire, il est toujours bipolaire. Il y a les puissants et les faibles. Il y a les empires et le reste. L’empire rouge et l’empire blanc. Entre les deux, les autres pays sont tampons, sont, soit geignards, soit débrouillards. Ou sont une voie qui se veut médiane et de bon sens mais ces pays savent très bien qu’ils ne peuvent survivre qu’en s’accrochant à un des deux blocs.

 Quand on se veut au milieu du gué, comme l’Europe aime à s’y trouver, on ne peut-être qu’entre le marteau et l’enclume. Protégée par un empire, grignotée par l’autre. Mais cela à un prix qui devient de plus en plus cher. Et l’Europe n’a pas un kopeck. Quelques pays européens se sont gavés du monde entier pendant deux millénaires et maintenant, vieux, fourbus, repus, ils regardent passer les trains de la modernité high tech.

 Mais ils continuent à faire la morale aux autres nations du monde. Ils se prennent toujours pour le nombril d’un monde qui leur échappe et pire, s’affranchit de leurs leçons. Quand ils ne rient pas  ouvertement de ces vieilles démocraties européennes, molles, pleines de bla bla. Ces vieilles démocraties dont les gouvernements ne font plus peur qu’à leur propre peuple.

 Parce que l’Europe, tel le roi, est nue. Et percluse de rhumatismes. Je ne crois pas au grand remplacement, par contre, je suis sûr du grand vieillissement !

 L’Europe est le berceau de cette pollution monstrueuses depuis deux siècles et maintenant elle ordonne aux autres de cesser de polluer. Où sont passés les vastes forêts, les animaux sauvages, les villages et cette vie tranquille à l’ombre des vergers de ces pays européens ? La révolution industrielle a tout balayé. Et nous avons tout, parfois en de multiples exemplaires et nous expliquons à ceux qui n’ont ni confort ni maison de ne pas s’engager dans cette voie.

 Qui sommes-nous, dans nos maisons climatisées et nos voitures climatisées, pour faire la leçon à ceux qui ont vraiment besoin de rafraichir leurs maisons alors que nous nous gobergeons dans ce luxe frais totalement inutile sous nos latitudes.

 C’est le grand vieillissement qui amènera un grand changement dans nos sociétés. Les forces vives d’un pays s’occuperont à faire tourner l’économie. Qui torchera le cul de nos vieux ? Leurs enfants ? Non ! Ce sera la manne à bon marché des migrations qui se succéderont. Telle est déjà la démarche de l’Allemagne. Il faudra garder à moindre coût nos vieux séniles pendant que les natifs s’assureront la bonne marche économico-libérale de la société et surtout de garnir leur porte-monnaie.

 En Europe, depuis des siècles, tout a été rasé, détruit, puis bétonné, dévitalisé et enfin enfumé, essencisé, dans une course folle à la consommation et au pognon. Le libéralisme capitalistique n’est autre que le fait de céder par le politique un bien commun universel à une entité privée. Ainsi, le charbon. Ce que la terre a produit gratuitement aurait dû appartenir au peuple et non aux industriels miniers.

 Que Citroën ou Ford revendique leur part de création est une chose, d’un plan, ils aboutissent à une voiture. Mais s’accaparer ce que la nature a mis des millions d’années à façonner en est une autre. Que ce soit du pétrole, du charbon et même des diamants, ne peut être la propriété d’un seul. C’est un bien qui appartient à un peuple. Comme l’or, il n’appartient pas à celui qui exploite la mine, il appartient au pays, donc au peuple, où il a été découvert.

 Le processus industriel qui se nourrit d’une denrée gratuite est une imposture. Il n’y a pas de création, il n’y a qu’exploitation. Le travail qui en résulte pour les masses laborieuses qui font tourner la machine n’appartient pas à celui qui apporte des capitaux. Il appartient au pays et à ceux de ce pays qui valorisent ce que la terre à produit. Que ce soit sous la terre, que ce soit sur la terre.

 Il est toutefois normal que celui qui produit de la terre soit rétribué de son travail. Il est par contre anormal que celui qui exploite sous la terre, au prétexte qu’il aurait avancé des fonds, soit celui, qui, seul ou avec ses compères de bonne fortune, engrange de façon exclusive la somme du travail des autochtones dans un pays qui souvent n’est même pas le sien.

 N’oubliez jamais que ce processus va se perpétuer même si de bonnes âmes se vantent d’être contre cette exploitation du sous sol à énergie fossile. On va vous expliquer que cette énergie fossile est has been, qu’elle pollue et détruira notre planète. Certes. Mais pour nous proposer quoi ?

 Une autre énergie à base de vent, de soleil, d’eau de mer et de mouvement des vagues. Et nous retomberons dans le même piège. A savoir, une source d’énergie gratuite que nous paierons au prix fort pour engraisser d’autres seigneurs de la finance. Finance qui va se verdir mais qui sera toujours finance.

Jean-Yves Le Garec