Pandémie contre mondialisation

Pandémie contre mondialisation

La pandémie actuelle qui soumet les peuples de chaque pays du monde à sa loi unique de larmes et de malades, de destruction des emplois, 180 millions de perdus depuis un an, au retour du travail des enfants, plus de 160 millions et va aboutir à élargir plus encore le fossé entre le Nord et le Sud.

Plus de 160 millions d’enfants forcés de travailler avec, d’après le dernier rapport de l’OIT et de l’UNICEF, près de la moitié, 80 millions donc, d’enfants entre 5 et 11 ans. Et comme la pauvreté induite par la pandémie va s’accroissante, plus de 10 millions d’enfants supplémentaires vont venir grossir les rangs de cette armée de petites et petits travailleurs de la honte.

Car nous devons, nous les nantis, nous les enfants gâtés, avoir honte de cette situation. Oh, nos pays riches peuvent bien promettre des vaccins gratuits pour nous donner un bon rôle, nous voilons nos miroirs pour ne pas voir le reste. La pire hypocrisie venant de peuples ou de pays en Europe et aux USA notamment, qui ne veulent plus d’un certain vaccin mais considèrent d’un geste large qu’il est bon pour les autres. Les autres là-bas, les pauvres des pays pauvres…

Maintenant, il faut remarquer que si cette pandémie est monstrueuse, sa réalité en chiffres l’est moins pour les 7 milliards de terriens que nous sommes. D’après l’OMS, à ce jour, 163,7 millions de personnes ont été infectées, dont 143,8 millions guéris et un total de 3,4 millions de décès. En comparaison avec les chiffres de ONUSIDA, 77,5 millions de personnes ont été infectées par le Sida depuis 1983 avec une mortalité de 34,7 millions, soit environ 50% de décès.

Donc cette pandémie est surtout révélatrice de nos faiblesses en matière de santé, de personnels qualifiés, d’infrastructures hospitalières, de matériels, dans les pays riches puisque nous le savons depuis toujours pour les pays pauvres. Première conclusion, les pays riches ont affaibli volontairement leurs politiques de la santé, sans soutenir évidemment les pays pauvres, sauf à laisser les Bigfarma y mener des expériences plus ou moins avouées.

Et puis surtout les peuples d’Europe et d’Amérique du nord s’aperçoivent, alors qu’ils se pensaient protégés par leurs impôts et taxes, qu’ils étaient en réalité pour la plupart tous nus devant une pandémie. Et c’est un choc pour ceux de certaines démocraties de se savoir si démunis et qui se demandent, mais où est passé l’argent?

Parce que la pandémie a mis à mal le système économique ultra libéral qui régit le commerce international, fait apparaitre des écueils de pauvreté, des îlots de chômage en devenir, une casse sociale d’une ampleur inédite, une radicalisation des grandes nations entre-elles. Les peuples européens se rendant compte d’une dépendance presque totale de leur pays et spécifiquement en matière de santé, de la Chine ou de ses satellites.

Ensuite, les peuples des pays riches ont vu des centaines de milliards d’euros en Europe, des milliers de milliards de dollars aux USA, tombés presque du ciel. Alors les peuples comprennent que si les gouvernements successifs avaient mal gérés l’argent qu’ils avaient, ils entendent maintenant, ébahis, les gouvernements au pouvoir leur assurer qu’ils vont bien gérer tout cet argent qu’ils n’avaient pas réellement, milliards et milliards trouvés, soit par la dette, soit par la planche à billets. 

Ce serait extraordinaire, presque magique comme découverte (et surtout comme déconvenue) si la paupérisation rampante des pays riches ne gagnait pas du terrain, malheureusement…

Maintenant, force est de reconnaitre que la mondialisation libérale à outrance montre sa terrible nature totalement inhumaine, morbide même, mais qu’à part relocaliser quelques fabriques, ce système va perdurer.

Parce que la véritable peur de nos gouvernants, à part de voir le maigre parc hospitalier s’engorger, donc de faire le tri des malades, une hantise, bien sûr, c’était de sauver l’économie telle qu’elle était et telle qu’elle doit rester pour ces gens là.

Et nos gouvernants d’espérer que la marée montante des vacances permettra de recouvrir la réalité sociale et sociétale puis, qu’ à la rentrée, la vie reprendra, métro, boulot, dodo, là où les peuples l’avaient laissée mais avec ce fameux masque devenu entre temps un sinistre bâillon.

Alors qu’il faudrait, qu’il aurait fallu une intense réflexion sur notre système économique totalement inégalitaire, envisager une profonde refonte des systèmes de santé, réévaluer le rôle si précieux des deuxièmes lignes et surtout prévoir et non subir au jour le jour. Enfin, lancer les bases concrètes, sérieuses, du changement en profondeur de nos habitudes dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.

Mais dans de nombreux pays, l’impossibilité politique de trouver un équilibre, un consensus, entre les partis, qui pourtant nous font entendre la même musique mais avec des paroles différentes et semblant irréconciliables.

Surtout que la mondialisation se tend et va se fissurer sinon se couper et devenir (redevenir) un monde bipolaire, entre les USA-Europe et Chine-Russie, d’un danger extrême pour la paix mondiale.

80 millions d’enfants, entre 5 et 11 ans, sur 160 millions d’enfants qui travaillent, petits forçats des soutes mondiales… Pensez-y !

A suivre

A propos de l'auteur

Jean-Yves le Garrec

Journaliste et chroniqueur.

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