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Parlement: Aide à la jeunesse: oui pour la santé mentale, non pour la santé financière

Parlement: Aide à la jeunesse: oui pour la santé mentale, non pour la santé financière

Deux textes ont été traités par le Parlement, mais seul un des deux y a trouvé grâce. L’UDC a été épinglée par Alain Berset lors des débats.

Pour une élue UDC, les jeunes «se rétabliront rapidement» et des mesures ne sont pas nécessaires.

Parmi la liste des motions et postulats d’élus sur lesquels le Parlement a voté lors de la session d’été qui s’est achevée vendredi, deux concernaient directement la situation des jeunes face à la crise du Covid: l’un axé sur leur santé mentale, l’autre sur leur situation économique. Seul le premier a été accepté.

Pour l’UDC, c’est trop tard

Le texte demande au Conseil fédéral de présenter un rapport sur l’impact qu’a eu la pandémie sur la santé psychique des jeunes, ainsi que de proposer des mesures concrètes pour la préserver. «Les chiffres actuels montrent que les jeunes de 14 à 24 ans souffrent davantage de signes graves de dépression», a relevé Marie-France Roth Pasquier (Centre/FR). Lors du vote ce mercredi, la motion a été acceptée par 116 voix contre 59.

Seule l’UDC a voté à l’unanimité contre. Pour le parti, il est trop tard pour faire ce travail. «Il est probable que la plupart des enfants et des jeunes qui ont été psychologiquement affectés se rétabliront rapidement», a dit Nadja Umbricht Pieren (UDC/BE). En somme, puisque la Suisse retrouve peu à peu la vie normale, le temps que le rapport soit réalisé, les jeunes s’en seront déjà remis.

«Particulièrement étonnant»

Le conseiller fédéral Alain Berset n’a d’ailleurs pas manqué l’occasion d’envoyer une pique au parti. Sans citer nommément l’UDC, il dit avoir noté «ces derniers mois, parfois peut-être avec une certaine instrumentalisation, que l’on a fait beaucoup de reproches au Conseil fédéral sur la manière dont les jeunes ont été traités durant la crise». L’UDC n’a eu de cesse en effet de dire que ce sont les jeunes qui ont le plus souffert des mesures sanitaires et qui constatait que «les dépressions et les suicides progressent».

«Il serait donc particulièrement étonnant, voire malvenu, de ne pas accepter un tel postulat, maintenant où nous pouvons vraiment creuser cette question pour nous permettre d’avoir une idée précise de ce qu’il se passe et de comment répondre aux problèmes», a dit le ministre avant le vote, ce qui n’a pas fait bouger les élus UDC d’un iota au moment de refuser le texte.

Pas de soutien économique

L’UDC a également refusé à l’unanimité un autre texte, aux côtés cette fois de la majorité du PLR et du Centre. Celui-ci demandait «de mettre des fonds à disposition pour atténuer les difficultés financières des personnes en formation et des étudiants et éviter qu’ils ne doivent abandonner leurs études».

Guy Parmelin a proposé aux élus de refuser la motion, expliquant que les Hautes écoles et les Cantons avaient déjà pris des mesures «de grande ampleur» pour soutenir les jeunes touchés et qu’il n’était «pas indiqué de débloquer des moyens». Le texte a été rejeté par 21 voix contre 17 au Conseil des États, et par 100 voix contre 77 au Conseil national.

Aller encore plus loin

Les associations La Main Tendue, Pro Mente Sana et Santé publique Suisse ont transmis un communiqué conjoint qui demande d’être encore plus ambitieux dans la lutte contre les dommages psychiques qu’ont subis les jeunes. Augmenter le nombre de places pour des traitements psy, offrir des cours de premiers secours, proposer des activités aux jeunes, intensifier les campagnes de prévention: ils proposent une série de mesures à prendre. Pour ce faire, ils voudraient que 125 millions de francs soient débloqués. «Par rapport au milliard de francs prévu pour financer la fabrication des tests rapides, ce budget reste modeste. Ne rien entreprendre aujourd’hui coûtera beaucoup plus cher par la suite. Le problème ne cesse de s’aggraver et il est illusoire de penser qu’il se résoudra tout seul grâce aux mesures d’assouplissement», estime Roger Staub, directeur général de Pro Mente Sana.

Yannick Weber

https://www.20min.ch/

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