Ce qui est arrivé à Lucia Pérez est insupportable parce cela veut dire qu’en plein XXIe siècle, nous vivons encore dans la barbarie, dans l’ignorance et dans l’obscurantisme.

Avec les deux criminels qui l’ont assassiné, c’est toute la société qui est blâmée. Et quand je dis la société, je dis tout le monde y compris les mères qui perpétuent le machisme dans l’éducation des enfants, en répétant des schémas archaïques de la séparation des rôles, l’enfant va jouer au football et la jeune fille reste dans la cuisine à laver les plats.

C’est dans le système d’éducation familiale et religieux que se perpétuent, depuis des siècles, les divisions et les préjugés. Au nom de la défense de la famille, les secteurs réactionnaires ont divisé la société entre les hommes et les femmes, donnant aux femmes le rôle de la minorité, avec les enfants et les animaux. En Arabie Saoudite, les scientifiques islamiques ont récemment découvert que la femme n’est pas un objet mais un mammifère comme les autres, donc à partir de là, la femme a commencé à avoir les mêmes droits que les mammifères, ce qui veut dire, le droit à un toit et à de la nourriture. Je me demande ce que ressent un Saoudien en sachant qu’il est le fils d’un mammifère, d’un animal. La logique impose la conclusion que s’il est le fils d’un animal, il l’est lui aussi. Jusqu’à présent, les Saoudiens n’ont pas réussi à expliquer par quel miracle ils convertissent les animaux en êtres humains et ils n’ont pas expliqué non plus, comment un enfant d’un objet devient un être humain.

C’est une évidence que l’être humain appartienne au règne animal, comme tout autre être vivant sur cette planète qui ne soit pas du règne végétal ou minéral.

Il est clair que le monde musulman, principalement les sunnites, les salafistes et les fondamentalistes, ont tous un grave problème pathologique par rapport au sexe et aux femmes. Une société masculine, gravement malade, qui marginalise la moitié de la puissance productive de la nation en leur refusant l’éducation et le droit au travail, tout seulement parce qu’ils sont incapables de voir la femme comme un être égal et qu’ils n’hésitent pas à tuer au nom de «l’honneur». Je me demande quel est l’honneur qui existe à déformer une femme avec de l’acide ou tout simplement à la tuer parce qu’elle veut être un être humain et prendre ses propres décisions.

Comment est-il possible que les hommes qui ont une mère, des sœurs, des filles, voient ou considèrent les femmes comme de simples objets. D’où vient cette vision déformée des femmes, qui représente un peu près la moitié de l’espèce humaine ?

Les femmes, à différents moments de l’histoire ont eu des rôles différents dans les sociétés humaines.

En Amérique, les peuples autochtones avaient une vision de la communauté, dans laquelle tous étaient égaux et qui a été détruite par l’invasion des conquistadors, en apportant l’ignorance et l’inquisition.

Dans les différents systèmes religieux et sociétés dans le monde, basés sur le système patriarcal prédominant, tout particulièrement au Moyen Orient, où la femme était une propriété, un objet de travail et de reproduction.

Dans différentes parties du monde, les hommes ont séparé et marginalisé les femmes à des rôles secondaires, ou tout simplement en les exterminant, comme en Inde, où le meurtre des filles est monnaie courante produisant ainsi un déséquilibre démographique irréversible, avec des conséquences sociales dévastatrices et augmentant le viol et les agressions contre elles. Ou en Chine, où la loi de l’enfant unique contraignait les familles à favoriser les enfants de sexe masculin, plus apte au travail.

Dans l’Islam, où le musulman vit une véritable pathologie à l’égard des femmes, au point où les groupes extrémistes  tentent par tous les moyens d’annuler le féminin, en l’occultant, le réprimant et en lui niant tout simplement son existence. Le Burka est un exemple de la négation de la vie. Malgré le fait de ne pas être une obligation religieuse, elle est imposée au nom de la «morale».

Au nom de la «décence», la femme est considérée comme un objet qui, à l’exception de son mari ne peut et ne doit pas être vue par personne d’autre. Elle devient une ombre qui n’a pas de visage, pas d’expressions et pas de mots. En dehors de la vie privée, elle n’existe tout simplement pas. C’est un objet qui appartient à un autre être humain et qu’au nom de la religion, on lui nie l’existence en tant qu’être humain.

En Amérique latine, les femmes paient les frustrations sociales, politiques et professionnelles des hommes, en s’ajoutant à la misère, l’alcoolisme, la drogue, rendant le continent comme une tombe ouverte et ce, principalement en Amérique centrale et au Mexique, où le féminicide est monnaie courante.

Qui a dit que les hommes étaient supérieurs aux femmes ?

Quel homme serait capable de supporter les douleurs d’un accouchement ?

Quel homme pourrait supporter les changements physiques, hormonaux et émotionnels de la grossesse?

Quel homme serait capable de porter un enfant pendant neuf mois dans son ventre?

Quel homme serait capable de travailler huit heures par jour, puis prendre après soin des enfants et de la maison?

Serait-ce le mythe que la femme a été fabriqué à partir de la côte d’Adam qui ouvre la porte à tous les outrages?

Dans le monde réel, les choses sont bien différentes. Les filles murissent beaucoup plus rapidement que les garçons. A la puberté, un garçon de 12 ans est encore un bébé pendant qu’une fille, au même âge, est plus consciente du monde qui l’entoure. À l’école, plusieurs études démontrent que les femmes réussissent mieux que les hommes. Alors d’où vient cette supériorité?

De la force brute, des muscles, des poings qui frappent, blessent et tuent? C’est la supériorité de la force brutale, de la médiocrité et de l’ignorance?

L’homme n’est en rien supérieur à la femme. La nature, dans sa sagesse, a décidé de créer deux genres complémentaires dans l’ensemble du règne animal, les mâles et les femelles, pour un besoin de reproduction. Il les a adaptés aux fonctions de chacun, en leur fournissant les organes nécessaires pour que chacun puisse remplir sa fonction. A aucun moment, les différences biologiques ou physiques, impliquent la supériorité d’un sexe sur l’autre, à l’exception de l’immense ” détail “que le sexe féminin est celui qui donne la vie, il est le garant de l’avenir de l’espèce, la matrice des générations futures et c’est pour cela que les femmes doivent être respectées et protégées par la société, ce qui veut dire, par le secteur masculin car nous oublions fréquemment que la société est composée de femmes et d’hommes qui, devant la loi et la justice, sont égaux.

Le fait que les femmes gagnent moins que les hommes n’est pas le produit du genre mais plutôt le résultat de l’idéologie libérale où tout et n’importe quoi est justifié afin de pouvoir augmenter les profits. C’est une attitude d’exploitation de la part du patronat, qui profite de cette discussion sur le genre afin de rémunérer moins les femmes et ajouter ainsi cette différence, aux bénéfices de la société.

C’est une attitude criminelle, parce que, devant la justice ceci devrait être considéré comme un vol.

Mais en utilisant des arguments indécents, les patrons justifient les écarts salariaux par le fait que les hommes sont plus rentables et parce qu’ils ne doivent faire face à la famille et ne souffrent pas de périodes de grossesse(s). En déresponsabilisant ainsi les hommes de leurs obligations familiales, parentales et de compagnons, en les réduisant au rôle de fournisseurs et en laissant aux femmes la charge du travail familial comme si cela était uniquement la responsabilité des femmes.

C’est là où je me demande, en fonction de la charge horaire de travail, qui devrait gagner plus?
Pauvres hommes, pauvre société patriarcale qui a construit un monde de violences, d’injustices et de divisions où le machisme aveugle au point que, la moitié de l’humanité est abusée par ceux qui sont venus dans le monde à travers ses cuisses.

Sans elles, les hommes ne seraient rien. Sans le soutien, l’amour et la force d’une femme, l’homme deviendrait un navire à la dérive.

Cette attitude de violence crée un fossé entre les hommes et les femmes qui, au quotidien se sentent de plus en plus isolées et abusées provoquant une «guerre de sexes» qui n’a pas lieu d’être.

La liberté des femmes sera conquise par les femmes mêmes, quand ces dernières diront : ASSEZ et feront face à ce machisme primaire. Quand elles s’organiseront pour résister à l’oppression de la médiocrité et de l’ignorance.

Malheureusement, beaucoup d’hommes sont en train de louper le train du développement humain.

S’associer à la lutte des femmes, ne fait pas être moins homme, au contraire … c’est tout simplement être plus humain, plus conscient et plus responsable.

Alfonso Vásquez Unternahrer

Traduit de l’ESP vers le FR par Lourdes Barros-Beltran