Rapport du GIEC: inquiétudes et appels à l’action en Suisse

Rapport du GIEC: inquiétudes et appels à l’action en Suisse

De nombreuses ONG tirent la sonnette d’alarme après la publication lundi du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Climat

De nombreuses organisations tirent la sonnette d’alarme après la publication lundi du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Les appels à l’action en Suisse se multiplient, notamment envers le Parlement et le Conseil fédéral. Les partis ont également présenté leurs solutions.

Greenpeace considère le nombre croissant de catastrophes dans le monde comme un signal d’alarme. L’organisation écologiste invite ainsi le Conseil fédéral et le Parlement à élaborer le plus rapidement possible des mesures de protection du climat efficaces, socialement acceptables et pouvant être soutenues par la population.

L’enjeu de Glasgow

Il est encore possible d’éviter de nombreuses souffrances, estime Georg Klingler, expert climatique de Greenpeace. On verra lors de la conférence climat COP26, qui se tiendra en novembre à Glasgow, si la protection du climat peut désormais bénéficier de la priorité nécessaire, ajoute-t-il.

La Suisse va s’engager pour une protection du climat efficace à l’échelle mondiale lors de la COP26, assure de son côté Simonetta Sommaruga dans un tweet. “Le GIEC confirme ce que les ministres des pays impactés me décrivent”, écrit la ministre de l’environnement. Elle évoque notamment des terres disparaissant sous les eaux et des incendies de forêt dévastateurs.

Lors de la COP26, la Suisse va défendre la mise en place de règles uniformes et efficaces applicables partout, indique l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Concernant la politique climatique helvétique à long terme, la balle est dans le camp du Parlement et du gouvernement. Ils doivent notamment se prononcer sur l’initiative sur les glaciers qui veut ancrer dans la Constitution l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050.

Fenêtre d’opportunité bientôt refermée

Le rapport du GIEC montre clairement que la crise climatique touche désormais toutes les régions de notre planète, écrit pour sa part le mouvement de la Grève du climat sur Twitter. Pour éviter les phénomènes météorologiques extrêmes et empêcher que les points de basculement climatique ne soient dépassés, chaque dixième de degré de réchauffement évité compte, ajoutent les activistes dans un communiqué.

Le changement climatique frappe tout le monde, mais les plus pauvres sont les plus durement touchés, s’inquiète Caritas Suisse sur Twitter. L’organisation qualifie le rapport du GIEC de “profondément inquiétant” et estime que le changement climatique progresse de manière incontrôlée.

Le WWF Suisse prévient pour sa part que la fenêtre d’opportunité pour la lutte contre le réchauffement climatique va bientôt se refermer. La Fondation suisse de l’énergie (SES) voit quant à elle dans le rapport un appel à l’action. Elle plaide en faveur de l’expansion des énergies renouvelables.

Les Verts en appellent au Parlement

Côté politique, les Vert-e-s demandent que le Parlement mette en oeuvre les éléments incontestés de la loi sur le CO2. Le parti cite notamment des mesures pour une place financière respectueuse du climat, la création d’un fonds destiné à encourager la protection du climat ou encore de placer des limites d’émissions de CO2 pour les véhicules.

Les Verts font également de nouvelles propositions, tenant compte des critiques émises contre la loi sur le CO2. A l’avenir, les investissements dans la protection du climat devront par exemple être soutenus grâce à des fonds de l’Etat et non plus grâce aux recettes issues de taxes incitatives.

Il doit y avoir une “secousse” en Suisse, après le “non regrettable” du 13 juin, a déclaré le chef de groupe du PS Roger Nordmann à Keystone-ATS. Cela passe par une promotion accrue de la rénovation des bâtiments, des règles plus strictes pour l’immatriculation des véhicules neufs, la promotion des véhicules électriques, davantage d’énergies renouvelables, une expansion du réseau ferroviaire à grande vitesse et une réglementation des investissements des banques.

Pour des mesures libérales

Le PLR s’engage clairement en faveur de l’accord de Paris sur le climat, écrit-il lundi. L’objectif de réduction des gaz à effet de serre à zéro d’ici 2050 n’est pas remis en cause par le rejet de la loi sur le CO2.

Le problème doit être abordé par des mesures climatiques libérales, estime le PLR. Le parti va s’engager pour une nouvelle version de la loi sur le CO2, ainsi qu’un régime transitoire pour les mesures arrivant à échéance.

Le Centre estime qu’après l’échec de la loi sur la CO2, il s’agit maintenant d’élaborer des solutions dans des domaines individuels, comme les bâtiments, la mobilité et les énergies renouvelables, capables de recueillir une majorité. Le parti plaide également pour l’innovation et la promotion de technologies déjà existantes, ainsi que les énergies alternatives.

L’UDC n’a pas voulu prendre position sur le rapport du GIEC.

https://lecourrier.ch

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