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Retour à la case Lula ?

Retour à la case Lula ?

Le Brésil traverse une crise sans précédent. Ancien compagnon de lutte de l’ex-président Lula, le militant Marcos Arruda analyse la situation actuelle et la responsabilité de la gauche.

«Une nuit obscure de plus s’empare du Brésil avec ce gouvernement recolonisateur, milicien, marqué par la haine et par la peur.» A l’heure de fêter ses 80 ans, le 4 mars dernier à Rio, l’activiste carioca Marcos Arruda, survivant de la dictature brésilienne (1964-1985), exilé pendant plusieurs années à Genève, n’a eu que quelques mots pour le gouvernement actuel de Jair Bolsonaro. Recevant par la même occasion la médaille Pedro Ernesto, décernée par la municipalité de Rio de Janeiro aux personnalités marquantes de la cité, son attention était toute tournée vers la construction d’un Brésil solidaire, égalitaire, et multiculturel.

Marcos Arruda est connu à Rio en tant que fondateur de l’Institut politiques alternatives pour le Cône Sud (PACS), qui conseille les mouvements sociaux, et en tant que figure de l’économie solidaire au Brésil. Ancien membre du Parti des travailleurs (PT) de Luiz Inacio Lula Da Silva, le militant a marqué ses distances avec son ancien compagnon de lutte devenu président1, estimant que ses politiques économiques et sociales étaient bien peu ambitieuses. Le Courrier a souhaité recueillir son analyse sur la situation actuelle et l’histoire qui y a mené. Interview.

Le Brésil est un des pays les plus touchés par le Covid-19, avec 450’000 mort·es, comment l’expliquer?

Marcos Arruda: Cette catastrophe est le résultat du laisser-aller du gouvernement. Il n’a pas essayé d’éviter les contaminations et de soigner les malades, bien au contraire. Cela peut sembler choquant de le dire, mais il s’agit d’une politique intentionnelle d’élimination des citoyens «dispensables»: les pauvres, les Noirs, les peuples indigènes et tous ceux qui ne sont pas intéressants à ses yeux en tant que consommateurs, producteurs ou payeurs d’impôts. D’où le mot d’ordre lancé par une partie de la société civile «Dehors Bolsonaro génocidaire».

Depuis deux ans, son gouvernement mène une politique antisociale. Qu’a-t-il réussi à démanteler?

Guidée par le gouvernement étasunien, l’élite brésilienne a mené un coup d’Etat en 2016 (destitution parlementaire de Dilma Rousseff, ndlr). Depuis, elle démonte la Constitution du pays. Elle adopte aussi nombre de lois qui détruisent les conquêtes des travailleuses et des travailleurs. A l’exemple de nos retraites, dont les conditions ont été fortement détériorées en 2019. Aujourd’hui, il est difficile pour les retraités d’accéder à une pension digne de ce nom. De même, le salaire minimum (très bas au Brésil, environ 200 francs par mois, ndlr) a été découplé de l’augmentation du coût de la vie et de l’amélioration de la productivité. Durant les gouvernements du Parti des travailleurs (2003-2016), ce minima avait augmenté en termes réels. Aujourd’hui, c’est la pauvreté qui est en hausse, le Brésil revient dans la liste des pays du monde qui comptent le plus de pauvres. Le gouvernement a aussi éliminé le système de financement obligatoire des organisations de défense des travailleuses et des travailleurs. Les syndicats ont été écrasés.

Cette liste n’est pas exhaustive. Quelles sont pour vous les pires décisions de ce gouvernement?

L’Etat a ouvert les territoires des peuples autochtones aux activités minières, à la recherche de pétrole et à l’exploitation du bois. Les entreprises de l’agronégoce et du bois sont désormais libres de détruire la forêt amazonienne pour produire le soja qui va alimenter le bétail aux Etats-Unis et en Europe. Les crimes environnementaux se multiplient comme jamais (lire notre article du 10 mai).

La rue se réveille

«Si le peuple descend dans la rue pour protester en pleine pandémie, c’est parce que le gouvernement est plus dangereux que le virus», pouvait-on lire sur des banderoles samedi dernier au Brésil. Pas moins de 4,2 millions de manifestant·es dans 213 villes du pays; 80 000 pour la seule Sao Paulo, du jamais-vu depuis les débuts du Covid-19. Une participation qualifiée de massive par nombre de médias. Les protestataires réclamaient principalement la destitution du président, Jair Bolsonaro, considéré comme «génocidaire», l’achat urgent de vaccins pour la population et le versement d’une aide d’urgence digne de ce nom.

La mobilisation était convoquée par les mouvements sociaux et la gauche, réticents jusqu’à présent à organiser des manifestations en raison de la pandémie. Aujourd’hui encore, nombre de sympathisants rechignent à participer à ce genre d’événements de peur de favoriser la transmission de la maladie dans un pays fortement endeuillé. Ces derniers mois, les pro-Bolsonaro étaient pratiquement les seuls à défiler, en moins grand nombre, généralement sans masque. Samedi, les organisateurs ont mis un point d’honneur à faire respecter les mesures sanitaires de protection, même si les distances sociales ont souvent été franchies.

A Rio, deux mille masques et du gel hydroalcoolique ont été distribués, et de la nourriture récoltée pour les citoyens les plus touchés par les effets de la pandémie. CKR

Le parlement a aussi modifié la législation qui visait à réguler l’exploitation du Pré-sel, une gigantesque réserve sous-marine de pétrole découverte au Brésil en 2006 par la firme publique Petrobras. Désormais, des entreprises européennes, chinoises, étasuniennes peuvent venir contrôler notre pétrole. Dès 2016, le gouvernement de transition de Michel Temer a offert les réserves de pétrole aux transnationales, et soumis Petrobras à leur autorité. Selon notre propre Constitution, c’est un crime contre la souveraineté de notre pays.

Le président reste pourtant assez populaire, pourquoi?

Le modèle politique ancien était épuisé. La corruption, endémique depuis des générations, y était un élément «naturel» de la gouvernance du pays. Il faut reconnaître que Lula et le PT n’ont même pas essayé de rompre avec cette tradition. Les élus du PT ne se sont pas rendus coupables de délits scandaleux – les dirigeants ne se sont pas enrichis personnellement comme nombre de leurs prédécesseurs – mais je ne peux pas imaginer qu’ils ne connaissaient pas les «fuites» qui se produisaient dans leurs administrations. Les Etats-Unis, à partir du gouvernement [de George W.] Bush, ont utilisé le soupçon de corruption contre le PT. Cela avait débuté en 2007 et 2009 quand le juge Sergio Moro a suivi un cours avec le Département de la justice étasunien. Les Etats-Unis ont enseigné aux Brésiliens les méthodes de changement de régime à travers des lois (lawfare) et de pseudo campagnes anticorruption. Bolsonaro est venu avec un discours de changement en assurant qu’il allait en finir avec la corruption endémique en désignant le PT comme le seul responsable et Lula comme un chef de bande. Ils ont réussi.

On explique souvent le succès de Bolsonaro comme un rejet du PT. N’y a-t-il pas aussi une adhésion d’une bonne partie de la population à des valeurs conservatrices, religieuses, voire racistes et autoritaires?

Oui, il existe une adhésion à une idéologie d’extrême droite. Mais c’est un phénomène complexe, car il ne concerne pas seulement les plus pauvres, qui n’ont pas accès à l’information, ou l’élite, mais aussi des gens de la classe moyenne, plus instruits, qui sont aveuglément des pro-Bolsonaro car ils sont devenus anti-PT. C’est incroyable. Ils ont vraiment fait un lavage de cerveau des gens pour haïr le PT et Lula, et ont employé un instrument juridique2 pour essayer de les bannir de la vie politique.

Au Brésil comme dans d’autres pays tels que la Hongrie ou la Pologne, les mouvements d’extrême droite se sont organisés, ont entraîné des jeunes, ont envahi l’espace de l’Eglise pentecôtiste. Cela fait septante ans que ces Eglises s’étendent à travers le pays, elles ont acquis énormément d’influence, et beaucoup se sont engagées aux côtés de Bolsonaro. Il faut aussi comprendre que le Brésil a été le pays ou la colonisation et l’esclavage ont eu le plus d’impact en Amérique latine. Nos élites sont les pires du monde, et le peuple a intégré des habitudes de soumission et d’aliénation. Je ne m’étonne guère que beaucoup de nos concitoyens croient que nous allons être sauvés par un nouveau messie (c’est le surnom de Jair Bolsonaro, ndlr) qui promet de détruire avec vigueur et «virilité» tout ce qui est mauvais et corrompu. Il faut enfin souligner le rôle déterminant des médias, contrôlés par les grands groupes économiques, vecteurs de manipulation des cerveaux et des cœurs.

Les gouvernements de Lula et de Dilma Rousseff n’ont-ils pas une responsabilité? Au-delà de la corruption, n’existait-il pas un fort mécontentement face aux insuffisances de leurs politiques économiques et sociales?

C’est vrai. Les politiques sociales, par exemple les luttes contre la faim et la pauvreté, ont eu des résultats impressionnants, mais n’ont pas touché les bases structurelles qui génèrent l’appauvrissement de notre économie et de notre peuple. Les deux gouvernements du PT ont par exemple refusé de toucher au problème de la dette publique, alors qu’il est central dans l’économie du pays. La dette du Brésil a déjà été plusieurs fois payée, en raison des intérêts. Nous avons versé [l’équivalent de 180 milliards de francs] dans les quinze dernières années, c’est autant d’argent qui n’est pas investi dans le développement économique et social mais qui sert à alimenter la fortune des spéculateurs. La société civile a obtenu de la Chambre des députés, en 2010, un audit de la dette publique, mais le gouvernement de Dilma Rousseff a refusé de le promouvoir et d’en tirer les conséquences en annulant les dettes illégitimes et illégales.

L’autre grand manquement des gouvernements du PT est l’absence de réforme agraire, alors que Lula l’avait promise lors de sa campagne de 2002. Le PT a oublié ses expériences de démocratie horizontale dans les municipalités et les Etats et a, en gros, mené une politique du haut vers le bas, élitiste.

Mais tout ceci n’explique pas la chute du PT ni l’avènement du gouvernement actuel. Celle-ci a pour origine, je le répète, la campagne orchestrée par les Etats-Unis contre le PT, qui a été extrême, injuste, mais a fini par réussir. Beaucoup de citoyens ont cru la propagande mensongère. Lorsque Lula a laissé le pouvoir à Dilma Rousseff en 2011, il recueillait encore 87% d’opinions favorables dans les enquêtes, y compris de la part de l’élite et des secteurs financiers. Cela s’est gâté après.

Quel est l’état de la mobilisation sociale aujourd’hui?

En raison de la pandémie, nous sommes privés depuis plus d’un an de notre seul moyen d’exprimer de façon visible notre opposition: la rue (la situation est en train de changer, lire ci-dessus, ndlr). Nous continuons à travailler grâce aux réseaux sociaux et à internet mais les plus pauvres n’y ont pas accès, ils ne sont pas informés. En ce moment, nous menons campagne pour une union des gauches et des secteurs anti-Bolsonaro afin de trouver un moyen de remplacer le pouvoir actuel par un gouvernement d’union nationale autour d’un nouveau pacte social. C’est difficile parce que les leaders de gauche ont des réflexes individualistes et égocentriques et ils n’ont pas un vrai projet pour dépasser le modèle de développement dominant actuel, celui de la croissance économique illimitée, qui a mené la Terre au bord du précipice. Au sortir du Covid-19, il ne peut y avoir de retour à cette normalité anormale.

Notes

1.Marcos Arruda a démissionné du PT en 2005. Il a écrit sans succès plusieurs lettres à Lula pour l’inciter à approfondir ses réformes. En 2006, il a publié ses missives sous la forme d’un livre, Cartas a Lula: um outro Brasil é possível.
2.L’enquête Lava Jato, portant sur la corruption de la classe politique par le groupe Odebrecht, a vu la condamnation de Lula avant qu’il ne soit blanchi.

«Lula devra changer de priorités»

Lula a recouvré son éligibilité. Pensez-vous qu’il pourra se présenter à la présidentielle de 2022 ou la justice trouvera-t-elle un moyen de l’en priver?

M. A.: Les deux sont plausibles. Si Steve Bannon (ancien conseiller de Donald Trump, stratège mondial de l’extrême droite, ndlr) n’est plus là pour enseigner aux conservateurs brésiliens comment faire de la subversion électronique, ses héritiers peuvent utiliser les fausses nouvelles et les mensonges pour détourner les dynamiques démocratiques. Un autre scénario est possible: si le Tribunal suprême fédéral continue sur sa lancée actuelle, on pourrait obtenir la destitution de Bolsonaro ou même l’annulation des élections de 2018 en raison de toutes les irrégularités qui ont eu lieu.

Une candidature de Lula serait-elle une bonne chose à vos yeux? Il est souvent présenté comme le seul à pouvoir gagner face à Jair Bosonaro…

Oui, mais je ne pense pas qu’il soit le seul à pouvoir vaincre Bolsonaro. Je crois que ce dernier est beaucoup plus faible que cela. Il n’a pas réussi son projet d’établir une dictature dans le pays. Maladroit et agressif, il a perdu l’appui d’une partie substantielle des médias et des forces armées. L’année 2022 ouvre d’énormes possibilités pour que Lula revienne et fasse bien davantage qu’entre 2003 et 2011. Pour cela il devra changer de priorités. L’histoire de sa présidence a montré qu’il ne peut gouverner avec les élites. Un gouvernement des travailleuses et des travailleurs ne peut passer son temps et son budget à promouvoir les intérêts des élites aux antipodes des siennes, et faire allégeance aux Etats-Unis. Il devra renouer avec la base en commençant par voyager partout dans le pays grâce à des «caravanes», comme il avait commencé à le faire en 2003. Il avait alors promis d’en réaliser plusieurs mais il s’est isolé. Les changements qu’il proposera doivent partir de la mobilisation de ses électeurs.

Si Lula se présente, la gauche s’alignera-t-elle derrière lui?

Probablement. Le Parti socialisme et liberté (Psol), qui a remplacé le PT auprès des secteurs les plus opprimés, mène une négociation avec le PT en vue d’un soutien des partis progressistes à une candidature de Lula. En échange, les autres partis obtiendraient l’appui du PT pour les élections aux Etats et dans les municipalités. Le Psol avait lancé la candidature de Guilherme Boulos à la présidence en 2018, et à la mairie de Sao Paulo en 2020. C’est un parti qui grandit petit à petit, comme l’avait fait le PT pendant les années 1980-1990.

J’espère que Lula prendra la tête d’une coalition ayant comme projet un changement plus profond, qui plante les racines d’un Brésil de justice, d’humanité et de joie pour tout le monde.

Blanchi par la justice, l’ex-président Lula s’est remis en selle pour un nouveau mandat à la tête du Brésil. KEYSTONE

L’«économie solidaire» comme alternative

Vous envisagez une rupture avec le modèle économique actuel. Est-ce que cela signifie en finir avec le capitalisme?

M. A.: Tant que le capitalisme est là, il faut le transformer pour améliorer le sort de la majorité opprimée. Il faut adopter des réformes dans l’immédiat tout en construisant une vision stratégique de plus grande envergure et à plus long terme.

Nous devons lancer des bases pour un changement de système économique. Au lieu de centrer le but des activités sur le profit, la liberté du marché et la concentration du capital, il faut réorienter l’économie vers les besoins de la population, la défense de la vie, les droits humains et ceux de la nature. Il est essentiel de changer le système de propriété des biens productifs, à commencer par les biens communs, comme l’eau, l’air, la terre, les ressources naturelles, la santé, l’éducation, etc.

A gauche, une transformation des mentalités est nécessaire: on ne peut pas penser qu’il faut seulement remplacer les chefs d’entreprise du privé par un Etat fort. Non, l’Etat seul ne résoudra pas l’essentiel. De même, la transformation sociale n’aura pas lieu sans une transformation personnelle impliquant les valeurs, les attitudes et les relations compétitives et violentes entre les gens et avec la nature.

Vous défendez aussi l’«économie solidaire» (ES) comme alternative, quelle est votre définition?

L’ES est une économie sans but lucratif. Elle est un moyen pour atteindre un objectif plus grand qui est le développement intégral des individus, des communautés et des peuples. Elle se concrétise en moyens d’organisation collective de la consommation, de la production, du commerce et des finances, que ce soit au niveau familial, des communautés et des collectivités publiques. Les sujets de l’ES sont les personnes et les groupes qui vivent de leur travail et qui, avec l’éclosion de leur conscience critique, s’engagent dans des luttes pour la libération du travail humain et pour la reconnaissance de la nature comme sujet de droit. Tout cela suppose un nouveau concept d’Etat, qui se mette au service du développement autogestionnaire des communautés populaires.

L’ES a aussi la particularité d’utiliser des formes de propriété collective et une organisation du travail horizontale…

Oui, il s’agit de créer des coopératives et des associations qui permettent aux travailleurs de ne plus dépendre de propriétaires fonciers ou des grandes entreprises pour vivre. Il faut aussi enseigner l’autogestion solidaire pour que les travailleurs entrent sur le marché du travail d’une façon qui émancipe leur force de travail, plutôt que de
devoir la vendre.

Nous avons défendu cette vision lorsque le gouvernement Lula a conçu le programme «faim zéro». Nous avons proposé que l’Etat soutienne à travers un plan stratégique l’organisation des communautés de travailleurs, en leur offrant les conditions pour qu’elles deviennent maîtresses de leur développement. Nous n’avons pas été écoutés. En tant qu’ancien syndicaliste, Lula a privilégié les négociations des salaires avec les patrons et la stabilisation de l’emploi. Pour nous, cela ne suffit pas. C’est accepter que le capitalisme est la fin de l’histoire.

Néanmoins, en 2003, sous votre impulsion, a été créé le Secrétariat d’Etat à l’économie solidaire. Qu’a-t-il fait et quelles ont été ses limites?

Oui, le Réseau brésilien de l’économie solidaire, créé en 2000, s’est transformé en Forum brésilien de l’économie solidaire pour travailler avec le gouvernement dans le développement du secteur. Le Secrétariat a été très actif. Il a d’abord soutenu les «incubateurs» de coopératives, une sorte d’école de formation dans le domaine. Il a mis sur pied des programmes de soutien dotés de financements significatifs. Aussi, en quelques années, le secteur a crû, passant de 200’000 travailleurs à plus d’un million au début des années 2010, atteignant 2 milliards de reals (350 millions de francs) de revenu annuel.

Cependant, nombre de militants comme moi étaient préoccupés que le secteur dépende autant de l’Etat. Nous souhaitions que le gouvernement utilise les ressources pour promouvoir l’autonomie des coopératives et des associations. Car, en cas de changement de régime politique, tout l’édifice pouvait s’effondrer. Et c’est ce qui s’est passé. Avec le coup d’Etat de 2016, les financements se sont taris et le mouvement s’est fortement affaibli sur le plan national. Mais certaines activités ont progressé malgré tout, comme le réseau des coopératives du Mouvement des sans terre, les banques communautaires (le financement solidaire) et leurs monnaies sociales – à l’exemple de la Banque Palmas et de sa monnaie, le palma – et le commerce équitable. CKR

Christophe Koessler

https://lecourrier.ch

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