Les origines de l’art naïf remontent jusqu’à la préhistoire, dans les cavernes, avec le premier être humain qui y marqua ses traits.

Le mot naïf fut prononcé pour la première fois au 19ème siècle afin de désigner la peinture du “douanier” Henri Rousseau. L’artiste peignait ses forêts, animaux sauvages et exotiques, dans Paris, au Jardin des Plantes. Il possédait déjà en luimême ce que tous cherchaient à acquérir –

À la fin du 19ème siècle et tout au long du 20ème siècle, des artistes comme Picasso, Modigliani, Gauguin et d’autres, s’en furent allés chercher à réapprendre à peindre avec les primitifs, en Afrique ou en Océanie –

Kandinski a écrit: “Rousseau a ouvert la voie aux possibilités nouvelles de la simplicité…” C’est grâce à Rousseau, ainsi qu’à Louis Vivin, Camille Bombois, Bauchant et Séraphine, que l’art naïf est relancé et imposé à l‘époque moderne.

Le peintre naïf est en général autodidacte, indépendant, sans engagement envers aucune école, ni aucun style. Il possède un langage particulier, ses caractéristiques sont l’ingénuité et la liberté. Le naïf s’exprime de sa propre manière, il a ses propres idées, et il les trouve seul au plus profond de lui-même. On n’apprend pas à être naïf, on naît ainsi ou on ne le devient jamais. Le naïf peint ses environs, les fêtes, les traditions folklores et religieuses, il fait appel à préserver la planète, l’écosystème, la paix, l’amour, les rêves et l’imaginaire. Sa peinture est ingénue, essentiellement pourvue d’émotion. D’après Lucien Finkelstein, fondateur du MIAN, ils sont “les poètes anarchistes du pinceau”.

A travers la peinture naïve, pourvue d’ingénuité, de bonne humeur et de couleurs, je vous propose un voyage ludique à travers la ville de Rio, dans le but de découvrir quelques modalités olympiques et paralympiques, ainsi qu’un réel mariage entre l’art et le sport. Lorsque Rousseau relançait l’art naïf à l‘époque moderne, Pierre de Coubertin relançait lui l’idée du sport olympique au même moment. Ces deux grands rénovateurs nous affirmerons: Mens sana in corpore sano. (Un esprit saint dans uncorps saint).

Conservatrice et Directrice du MIAN – Museu Internacional de Arte Naïf do Brasil -, à Rio de Janeiro, je présente quelques oeuvres d’artistes naïfs qui font partie de la collection du Musée. Mon but est de valoriser, stimuler et divulguer l’art naïf, expression artistique génuine de la culture et du peuple brésilien par tous les moyens possibles. Le Brésil est l’un des 5 grands pays de l’art naïf avec la France, l’Italie,
Haïti et l’Ex-Yougoslavie.

Le thème des tableaux choisi pour cette exposition inclue un joyeux et coloré panorama de la ville de Rio de Janeiro, où les Jeux Olympiques auront lieu en 2016, ainsi que plusieurs de ses attractions culturelles, les plages, le Corcovado, le Pain de Sucre, le Maracanã et quelques modalités olympiques et paralympiques.

Je souhaite remercier le Consulat Général du Brésil à Genève et L’Espace L de m’avoir invité à participer au projet de l’exposition “Rio Naïf et les Jeux Olympiques”, qui aura lieu à Genève au Consulat, à la galerie d’art Espace_L, et à la fondation
Brasilea à Bâle, durant l’année 2016.

Jacqueline A Finkelstein, Conservatrice

espace l23 Rue des Bains, 1205 Genève