Suisse romande: Genève appelle à la libération immédiate de Julian Assange

Suisse romande: Genève appelle à la libération immédiate de Julian Assange

Frédérique Perler, maire de la ville de Calvin, et la compagne du fondateur de WikiLeaks ont demandé vendredi aux autorités britanniques de refuser l’extradition du lanceur d’alerte.

Julian Assange est emprisonné au Royaume-Uni dans l’attente de son extradition vers les États-Unis où il risque 175 ans de prison.

La maire de Genève, Frédérique Perler, et la compagne de Julian Assange, qui attend que la justice britannique examine l’appel formé contre le refus de son extradition vers les États-Unis, ont lancé vendredi un appel à sa libération immédiate.

L’«Appel de Genève» a été lancé lors d’un événement virtuel auquel ont participé la compagne du fondateur de WikiLeaks, Stella Morris, et la maire de la ville suisse, Frédérique Perler, ainsi que plusieurs personnalités, dont le Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Nils Melzer.

«Nous, citoyens de Genève et d’ailleurs, lançons «L’Appel de Genève» pour demander la libération immédiate de Julian Assange», écrivent-ils dans cet appel. «En isolement cellulaire à la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres, le fondateur de WikiLeaks est menacé d’extradition vers les États-Unis où il risque une peine de prison de 175 ans. Son seul crime est d’avoir dit la vérité!»

L’appel est également soutenu par l’ancien directeur général du Comité international de la Croix-Rouge, Yves Daccord, le secrétaire général de la section suisse de Reporters sans frontières, Denis Masmejan, et le sénateur suisse Carlo Sommaruga.

Julian Assange, 49 ans, a été arrêté par la police britannique en avril 2019 après avoir passé sept ans reclus à l’ambassade d’Équateur à Londres. Il s’y était réfugié alors qu’il était en liberté sous caution. Il craignait une extradition vers les États-Unis ou la Suède, où il a fait l’objet de poursuites pour viol qui ont depuis été abandonnées.

Assurer un «territoire refuge»

L’«Appel de Genève» demande aux autorités britanniques de refuser l’extradition de Julian Assange et de lui rendre sa liberté, et au gouvernement américain de renoncer aux poursuites engagées à son encontre. Il appelle également la Suisse et «tous les États démocratiques» à assurer à Julian Assange «un territoire de refuge où il peut se mettre à l’abri de nouvelles poursuites liées à la publication des WikiLeaks».

Enfin, il demande aux organisations internationales à Genève – où siègent le CICR et le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme – d’user de leur autorité pour contribuer à libérer Julian Assange, et souligne que le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire dénonce depuis 2016 son emprisonnement illégal.

L’Australien, soutenu par nombre d’organisations de défense de la liberté de la presse, risque aux États-Unis 175 ans de prison pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700’000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

Les États-Unis lui reprochent d’avoir mis en danger des sources des services américains, accusation qu’il conteste.

AFP

Appel à la libération immédiate de Julian Assange

Des institutions et des personnalités unies autour d’un Appel de Genève demandent aussi à la Suisse et d’autres pays d’accueillir le fondateur de WikiLeaks.

La sculpture ‘AnythingtoSay?’ de l’artiste italien Davide Dormino représente les lanceurs d’alerte Edward Snowden, Julian Assange et Chelsea Manning (de g. à dr.). Elle sera officiellement inaugurée samedi 5 juin. KEYSTONE

Wikileaks

Plusieurs institutions et personnalités s’unissent autour d’un Appel de Genève pour la libération «immédiate» de Julian Assange. Dans cette initiative lancée vendredi, elles demandent à la Suisse ou d’autres pays d’accueillir le fondateur de WikiLeaks.

«Nous, citoyens de Genève et d’ailleurs, lançons ‘l’Appel de Genève’ pour demander la libération immédiate de Julian Assange», affirment les signataires. Parmi les soutiens figurent la maire de Genève Frédérique Perler ou le conseiller aux Etats Carlo Sommaruga (PS/GE).

Les signataires demandent à la justice britannique, qui doit se prononcer sur une demande d’appel américaine, de refuser l’extradition de M. Assange. Ils voient une menace et des «effets dévastateurs» pour la liberté de la presse.

L’Australien, 49 ans, est poursuivi pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700’000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines. Il est passible d’une peine jusqu’à 175 ans de prison aux Etats-Unis.

Il a été arrêté en avril 2019 après sept ans où il avait été enfermé à l’ambassade d’Equateur à Londres. Il s’y était réfugié en liberté sous caution. Il a fait l’objet de poursuites pour viol qui ont depuis été abandonnées.

Statue aux Pâquis

La maire de Genève a dénoncé une «persécution judiciaire» qui symbolise les assauts contre les lanceurs d’alerte. Julian Assange «a perdu sa liberté pour défendre la nôtre. C’est inacceptable», a-t-elle dit à la presse, rappelant que Genève est la ville du droit international humanitaire (DIH) et des droits humains.

De son côté, le conseiller aux Etats a ciblé une Suisse «silencieuse» sur la situation du fondateur de WikiLeaks. La politique d’accueil suisse, qui a par le passé ouvert son territoire à ceux qui sont poursuivis pour chercher à défendre les libertés, doit s’élargir aux dissidents numériques, a-t-il insisté.

Une statue de l’Australien a été dévoilée vendredi aux Bains des Pâquis et sera inaugurée officiellement samedi. Très émue, la compagne de M. Assange, la Britannique Stella Morris, s’est assise aux côtés du bronze du père de ses enfants et a remercié la ville et la population genevoise.

Genève symbolise «les valeurs que Julian défend» et qui sont «attaquées» , a-t-elle également affirmé. «Ils sont en train de le tuer», a-t-elle encore expliqué, au sujet des gouvernements américain et britannique.

Appel à Biden avant le sommet de Genève

Plusieurs soutiens de l’Appel ont demandé au nouveau président américain Joe Biden, qui sera à Genève dans moins de deux semaines, de renoncer à demander cette extradition. L’avocat de l’Australien a ciblé un détournement du droit «par des gens puissants» contre des individus et une «accusation politique» qui doit être abandonnée «rapidement».

La justice britannique avait refusé en janvier d’extrader le fondateur de WikiLeaks. Mais l’administration américaine avait fait appel quelques semaines plus tard de cette décision.

Le cas de Julian Assange est «comparable» à l’affaire Dreyfus en France, a estimé de son côté le rapporteur spécial de l’ONU contre la torture, le Zurichois Nils Melzer. L’Australien «a exposé des atrocités», «des crimes de guerre», a-t-il encore ajouté.

«Il n’a perpétré aucun crime», insiste-t-il. Après lui avoir rendu visite à plusieurs reprises, M. Melzer avait relevé que le détenu présentait des «symptômes» de torture. Il avait déjà par le passé demandé à la Suisse d’attribuer un visa humanitaire pour soigner le fondateur de WikiLeaks. Le Grand Conseil genevois avait voté une résolution pour un tel accueil.

ATS

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