Sélectionner une page

Sur les traces d’un amoureux de la Méditerranée

Sur les traces d’un amoureux de la Méditerranée

Avec la prolongation, jusqu’au 28 mars, de cette exposition consacrée à Fred Boissonnas (1858-1946), le Musée d’art et d’histoire, la Bibliothèque de Genève et l’Université de Genève cherchent à révéler une œuvre exceptionnelle, une démarche artistique profondément originale ainsi qu’une personnalité attachante de l’histoire genevoise.

A travers une sélection d’images provenant du fonds acquis par la Ville de Genève en 2011 et enrichie par les prêts d’autres institutions et de collectionneurs privés. Une odyssée photographique met en valeur un pan à la fois méconnu et crucial de la carrière du photographe: ses voyages en Méditerranée, de la Grèce à Gibraltar, de l’Italie à l’Egypte.

En cheminant à travers les paysages, Fred Boissonnas interprète la géographie et l’histoire du monde par la photographie. Dans les pas d’Ulysse avec Victor Bérard, sur les traces de saint Augustin en Afrique du Nord ou de l’Ancien Testament dans le Sinaï, ses projets jouent avec la souplesse des interprétations que la photographie suscite. Les visiteurs sont ainsi conviés à un voyage dans le temps, dans l’espace et à la surface de l’image. 

«Fred Boissonnas et la Méditerranée», Musée Rath, Genève, jusqu’au 28 mars, http://institutions.ville-geneve.ch/fr/mah

Biographie

Enfance et famille

Il est issu d’une famille d’artistes genevois, son père est Henri-Antoine Boissonnas (1833-1889), graveur de montres puis photographe, et sa mère est Sophie Pilet (1836-1918) dessinatrice de boîtiers de montres. Il est le premier enfant d’une fratrie composée de Caroline Sophie Boissonnas (1859-1943), Edmond Victor Boissonnas (1862-1890) et de Eva Boissonnas (1873-1965). Il passe son enfance à Genève. Inscrit à l’École Privat1, il poursuit ses études au Collège Calvin. Il étudie le dessin à l’École des Beaux-Arts, avec le peintre Barthélemy Menn.

En avril 1890, il épouse Augusta Magnin (1864-1940). Ils auront 9 enfants. En 1896, il rachète à son beau-père Magnin ruiné, une campagne de douze hectares, comprenant maison, ferme et terrains au chemin du Pommier au Grand-Saconnex. Il y fait construire une maisonnette, une villa et un chalet pour sa famille appelés « Les Mayens ».

Dans les années 1930, ruinés par les diverses entreprises éditoriales et les crises économiques mondiales, Frédéric et Augusta Boissonnas sont réduits à vendre leurs propriétés par morceau. Ils finiront leurs jours chez leurs enfants.

La carrière de photographe

Dès 1879, pour se former aux techniques photographiques, il va passer huit mois au studio de Friedrich Brandseph (de) à Stuttgart, avant de repartir en 1880 pour un autre stage à Budapest chez Károly Koller (de), le photographe des cours d’Europe. Frédéric Boissonnas est l’aide-opérateur de Koller pour ces prises de vues de la haute société. Il y apprend surtout l’importance de l’éclairage, de la mise en scène et de l’utilisation des fonds peints et autres accessoires pour les ateliers professionnels de photographie.

En 1887, suite à un problème de santé de son père, il se décide à reprendre l’atelier de photographie. Il va utiliser tous les artifices et nouvelles techniques apprises dans ses précédentes formations. Les résultats sont tels, que cela lui vaut d’intéresser un public genevois de plus en plus large : les classes d’école, les sociétés, les chorales, les groupes viennent se faire photographier dans son atelier, les familles et leurs enfants également. En parallèle, il crée des scènes de genre morales (les méfaits de l’alcool, l’épargne) ou des scènes historiques (les Lacustres). Il perfectionne aussi les prises de vue des éléments naturels et il crée des tableaux vivants, des mises en scène, directement dans la nature. Adepte du pictorialisme, il participe à de nombreuses expositions organisées par ce mouvement à Vienne, Londres, Paris et Bruxelles.

Plus généralement, il est connu pour ses portraits de personnalités genevoises ou internationales, ses vues d’architecture (Genève, documentation sur le château du Haut-Kœnigsbourg), les photographies de paysages (Alpes, mont Blanc, Valais), de voyages (mer Méditerranée, Grèce, Afrique du Nord, Égypte, France, Hollande), de spectacles (Fête des Vignerons de 1889, Exposition nationale suisse de 1896, Fête de juin 1914 (centenaire de l’entrée du canton de Genève dans la Confédération suisse), ses tirages d’exposition (épreuves de grand format présentées par exemple à l’Exposition universelle de 1900 à Paris), les clichés sur sa famille et ses proches.

La suite sur …

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Boissonnas

https://www.ghi.ch/sortir/loisirs/sur-les-traces-dun-amoureux-de-la-mediterranee

A propos de l'auteur

Facebook