Un vaccin cubain en voie d’être homologué

Un vaccin cubain en voie d’être homologué

 Le vaccin cubain Soberana 02 atteint une efficacité de 62% après l’injection de deux de ses trois doses prévues et est sur le point d’être homologué.

Vaccin anti-Covid

 Le vaccin cubain Soberana 02 contre le Covid-19 atteint une efficacité de 62% après l’injection de deux de ses trois doses prévues, a annoncé samedi le laboratoire qui l’a développé. Ce résultat intermédiaire dépasse déjà les 50% exigés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il met ce premier sérum élaboré en Amérique latine sur les pas de l’AstraZeneca, aux deux tiers protecteur avant la dernière dose.

Ce résultat est «réconfortant», car il prend en compte les variants, principalement le sud-africain et le brésilien, qui circulent déjà dans le pays caribéen, a déclaré à la presse locale Vicente Verez, directeur de l’Institut Finlay des vaccins, qui a conçu le sérum. L’OMS exige une efficacité d’au moins 50% pour qu’un candidat soit accepté comme vaccin, a-t-il ajouté.

«Dans quelques semaines, nous aurons le fin mot de l’efficacité des trois doses, que nous attendons, bien sûr, supérieure», a-t-il aussi avancé. Cuba travaille depuis treize mois sur cinq candidats vaccins dont deux, Soberana 02 et Abdala, ont achevé la troisième et dernière phase de test.

Demande d’autorisation d’utilisation d’urgence

Les résultats, évalués par un comité indépendant de spécialistes cubains, seront soumis à l’autorité réglementaire pour «faire la demande officielle d’autorisation d’utilisation d’urgence» du vaccin dans les prochaines semaines, a déclaré Yuri Valdez, directeur adjoint de l’institut.

«Nous savons qu’en tant que gouvernement, nous n’avons pas été en mesure d’y mettre tout l’argent et le financement dont le projet avait besoin, et, pourtant, nous avons des résultats de classe mondiale», a déclaré le président cubain, Miguel Diaz-Canel.

Plus de 4,3 millions de doses de Soberana 02 et d’Abdala ont déjà été administrées, selon une procédure d’urgence due à la recrudescence des infections depuis la réouverture de l’île au tourisme. Environ 2,1 millions de personnes ont reçu une dose, près de 1,4 million deux doses et près de 794 000 trois doses. Le gouvernement, qui a privilégié une solution interne plutôt que d’adhérer au système Covax (lire ci-dessous), aspire à ce qu’en août, 70% des 11,2 millions d’habitant·es soient vacciné·es et toute la population avant la fin de l’année, malgré les pénuries de matériel médical causées par l’embargo étasunien.

Des accords ont été en outre passés avec l’Iran et l’Argentine pour la production vaccinale. L’Institut Pasteur de Téhéran contribue d’ailleurs à la phase de test de Soberana 02. A terme, plus de 100 millions de doses de ce sérum, appelé «Pasteur» en Iran, pourraient être produites dans ces deux pays en développement placés sous embargo des Etats-Unis. A noter que l’Iran développe actuellement son propre antidote appelé Barakat, qui se trouve en phase 3 de développement.

VACCINATION STOPPÉE dans plus de 30 pays

Des dizaines de pays sont incapables d’administrer la seconde dose de vaccin anti-Covid, faute de doses suffisantes. Cela risque de déstabiliser durablement les campagnes vaccinales, a mis en garde l’OMS vendredi. «Nous avons un énorme nombre de pays qui ont dû suspendre leur campagne de vaccination – 30 ou 40 pays», a affirmé le docteur Bruce Aylward, chargé à l’OMS de superviser le système de distribution international Covax, destiné aux pays en développement. Les livraisons de l’AstraZeneca produit en Inde, rare sérum orienté en priorité vers les pays du Sud, sont notamment bloquées par la grave situation sanitaire de ce pays.

Or un intervalle trop long entre deux doses peut faciliter l’émergence de variants plus dangereux ou contagieux, prévient M. Aylward. Les pays impactés se trouvent particulièrement en Afrique sub-saharienne, mais aussi en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Asie du Sud, notamment les voisins de l’Inde comme le Népal ou encore le Sri Lanka, qui doivent affronter une sévère vague d’infections.

Bruce Aylward relève que les Etats-Unis ont promis 80 millions de doses pour la période juin-juillet, mais l’essentiel du milliard de doses promis par le G7 ne seront disponibles que plus tard dans l’année et surtout en 2022. Le médecin souligne que cette situation aura un effet délétère sur la confiance des populations dans la vaccination. «Quand on force des pays avec des systèmes moins robustes d’interrompre, de réorganiser, de rediriger leur programme», on rend «très difficile la mobilisation de la population».

Au 17 juin, le système Covax avait fourni seulement 88 millions de doses à 131 pays, bien en-deçà de ce qui était initialement prévu.

 ATS/bpz

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