Venezuela: L’opposition veut la levée des sanctions contre des «élections libres»

Venezuela: L’opposition veut la levée des sanctions contre des «élections libres»

Le leader de l’opposition vénézuélienne Juan Guaido a proposé mardi de nouvelles négociations avec le pouvoir. En soirée, Nicolás Maduro a laissé la porte ouverte tout en minimisant son poids et son importance.

«Le Venezuela a besoin d’un accord de salut national. Un accord entre les forces démocratiques (…), le régime, et la communauté internationale», a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux l’opposant Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par une partie de la communauté internationale (58 pays dont les États-Unis). Les négociations entre le régime de Nicolás Maduro et l’opposition sont au point mort depuis août 2019.

Juan Guaido réclame «un accord qui comprend un calendrier pour des élections libres et justes pour la présidentielle, les législatives, les régionales et les municipales avec un soutien et des observateurs internationaux». Il estime que la communauté internationale peut «encourager le régime d’une levée progressive des sanctions conditionnée avec le respect des objectifs de l’accord».

Le Venezuela, qui traverse une forte crise, doit faire face aux sanctions économiques imposées notamment par les États-Unis qui cherchent à évincer Nicolás Maduro du pouvoir.

Juan Guaido demande aussi la «libération de tous les prisonniers politiques» et l’autorisation de «l’entrée massive d’aide humanitaire et de vaccins contre le Covid» alors que le pays est touché par une virulente deuxième vague de la pandémie.

Cet appel de JUan Guaido intervient quelques jours après la mise en place du nouveau Conseil national électoral (CNE) par l’Assemblée nationale, où le pouvoir dispose de 256 sièges sur 277. «Nous ne reconnaissons pas» le CNE qui doit normalement organiser avant la fin de l’année des scrutins municipaux et régionaux, a souligné Juan Guaido. Trois de ses 5 membres, dont le président, sont favorables au pouvoir mais il comprend aussi deux membres de l’opposition qui ne sont pas favorables à Juan Guaido.

Maduro prêt au dialogue

Le président Maduro a réagi avec véhémence mardi soir à la télévision publique tout en se disant «prêt à dialoguer». «Le CNE est né d’un grand dialogue avec tous les secteurs de l’opposition, tous les secteurs sauf un! Le secteur extrémiste, putschiste, qui a facilité les coups, les sanctions, les attaques», a dit Nicolás Maduro, qui n’a pas ménagé son adversaire.

«Le +bobolongo+ (grand idiot, Juan Guaido) veut maintenant dialoguer parce qu’il est à l’écart, isolé, battu, que plus personne ne le consulte pour rien (…) S’il veut intégrer les dialogues en cours, bienvenue! Mais qu’il ne se prenne pas pour le chef, le leader suprême d’un pays qui ne le reconnaît pas», a-t-il lancé.

Juan Guaido était le président l’Assemblée nationale jusqu’aux législatives de décembre 2020, boycottées par l’opposition, et qui ont permis au pouvoir de reprendre le contrôle de l’Assemblée perdue en 2015. Les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine ne considèrent pas l’Assemblée actuelle comme légitime.

AFP

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