Venezuela: Nouvelles négociations à venir entre Maduro et l’opposition

Venezuela: Nouvelles négociations à venir entre Maduro et l’opposition

Après des négociations réussies à Mexico ce week-end, le gouvernement vénézuélien et l’opposition se retrouveront à la fin du mois pour aborder d’autres points. Le chef de la délégation de l’opposition, Gerardo Blyde, à Mexico, le 6 septembre 2021.

Le gouvernement vénézuélien et l’opposition se réuniront à nouveau du 24 au 27 septembre à Mexico, a annoncé lundi soir le représentant du pouvoir aux négociations conjointes qui viennent de s’achever au Mexique.

«Rendez-vous le vendredi 24, le samedi 25, le dimanche 26 et le lundi 27 ici à Mexico pour aborder les autres points établis», a déclaré Jorge Rodríguez, chef du parlement vénézuélien et homme de confiance du président Nicolás Maduro, en clôturant un cycle de quatre jours de négociations sous les auspices de la Norvège.

«Nous avons convenu que le premier des deux points à l’ordre du jour du prochain round de négociations sera le système judiciaire au Venezuela, une question profonde et complexe, mais sur laquelle nous devons commencer la réinstitutionnalisation démocratique du pays», a de son côté déclaré le chef de la délégation de l’opposition, Gerardo Blyde.

Deux accords conclus

Selon un communiqué conjoint publié par la délégation norvégienne, un premier accord a été conclu entre les parties afin «d’établir des mécanismes de restauration et de garantie des ressources répondant aux besoins de la population, avec un accent particulier sur les effets de la pandémie de Covid-19, y compris celles provenant des organisations multilatérales auxquelles la République a droit».

Un second accord porte sur une reconnaissance de la «souveraineté du Venezuela sur la Guyane Esequiba», la partie occidentale de la Guyane située entre la frontière reconnue entre les deux pays et le fleuve Essequibo. L’Esequiba est une zone de 159’500 kilomètres carrés riche en ressources naturelles revendiquée par le Venezuela depuis 1897.

«Il est de très bon augure que notre première journée de discussion formelle nous ait conduits à la signature de deux accords d’une telle importance (…) Même si c’était dur, même si nous avons eu une confrontation d’idées, comme cela arrive dans toute démocratie, et même si c’était une expression ferme de ce que chacun de nous pensait, nous avons pu le faire dans un climat d’empathie, même dans un climat de cordialité, et nous avons aussi pu travailler ensemble», a poursuivi Jorge Rodriguez.

«Long et difficile»

Gerardo Blyde a admis que «ce processus» de négociations «va être long et difficile». Il a confirmé que deux accords ont été conclus: «un premier accord qui très important sur la protection sociale du peuple vénézuélien, qui met en place une plateforme nationale d’assistance sociale qui travaillera sur tout ce qui concerne le soutien et la recherche de solutions, de ressources et d’efforts dans les domaines de la santé et de l’alimentation, et évidemment dans le domaine de la vaccination contre le Covid».

«L’Essequibo appartient aux Vénézuéliens, l’Essequibo est à nous, il ne peut y avoir aucune différence en ce qui concerne la défense de notre territoire et de notre souveraineté», a-t-il ajouté. Aucune indication n’a par ailleurs été donnée sur le fond, autrement dit le fait que Caracas cherche à obtenir la levée des sanctions économiques imposées par Washington, tandis que l’opposition souhaite la tenue d’élections libres et transparentes.

Nicolás Maduro a prévenu dimanche que ces négociations ne déboucheraient pas sur «l’impunité», ce qui est interprété comme un avertissement à l’opposant Juan Guaidó, ancien chef du Parlement qui s’est autoproclamé président en 2019 et fait face à de multiples accusations au Venezuela.

Le département d’État américain s’est félicité vendredi de l’ouverture du dialogue et a exprimé son espoir d’une «restauration pacifique de la démocratie» au Venezuela. Le dialogue se tient avant les élections des gouverneurs et des maires de novembre, auxquelles les principaux partis politiques d’opposition participeront, rompant ainsi un boycott électoral de trois ans.

AFP

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