Ville de Genève: Le Plan lumière jettera un voile noir sur certains lieux

Ville de Genève: Le Plan lumière jettera un voile noir sur certains lieux

Pour réduire la pollution lumineuse et préserver la biodiversité, trois types de zones vont être créés, avec des niveaux d’éclairage différents.

Cheminement nocturne au bois de la Bâtie.

Le premier Plan lumière, entre 2009 et 2020, a permis de réduire de plus de 35% la consommation électrique des luminaires de la Ville de Genève. Le deuxième plan, dévoilé vendredi, se concentrera sur les nuisances lumineuses et la préservation de la biodiversité. «Le tout en garantissant évidemment la sécurité des usagers, a appuyé la conseillère administrative Frédérique Perler, chargée de l’aménagement. Le défi sera de trouver le bon équilibre.» Le territoire communal va ainsi être découpé en zones «noires», «sombres» et «urbaines», qui auront chacune leur propre niveau d’éclairage.

Trois lieux, trois ambiances

Hors des avenues au trafic intense où les gens se pressent, même tard le soir, les zones noires ne bénéficieront quasi plus de lumière entre 20h et 6h, si ce n’est celle déclenchée par des détecteurs de mouvement au passage de promeneurs, par exemple. Ces corridors se trouveront au bord du lac – hors la rade –, le long de l’Arve, mais aussi du Rhône, en aval du pont Sous-Terre. Les secteurs de quelques parcs seront également concernés. «Nous prônons une certaine souplesse en la matière, pour agir au cas par cas selon les projets et les résultats, a précisé Nicolas Betty, chef de l’aménagement à la Ville de Genève. Un suivi de l’impact sur la biodiversité, la consommation énergétique et le ressenti de la population sera opéré.»

Dans les zones «sombres», l’éclairage public sera diminué dès 22h et «toute source lumineuse inutile sera supprimée». Une ambiance quelque peu tamisée, donc, devrait s’installer sur les rives de la rade et du Rhône – en amont, cette fois, du pont Sous-Terre. Mais aussi aux sorties de lieux de fêtes, sur des cheminements de mobilité douce ou aux passages piétons.

Enfin, l’intensité des luminaires baissera dès 22h ailleurs en ville, dans les zones dites «urbaines». Soit principalement dans le centre historique et le long de la première couronne urbaine.

Efforts demandés aux commerces

En réalité, il ne faut pas voir ces zones comme de grands périmètres privés – ou pas – de lampadaires, a plaidé la Municipalité. «Il y aura parfois trois types d’éclairages publics qui se côtoieront en un seul lieu, un parc par exemple», a illustré Nicolas Betty. En parallèle, les autorités comptent sensibiliser les commerçants et les entreprises, pour qu’elles réduisent ou suppriment l’illumination de leur enseigne et des vitrines. «On peut les encourager et argumenter, mais nous n’avons pas de moyen de contrainte», a admis Frédérique Perler. Le coût total de l’opération, qui doit s’étaler sur plusieurs années, n’a pas encore été évalué, a indiqué la magistrate.

David Ramseyer

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